Gestion des espaces sportifs de proximité à Constantine : Parents et citoyens dénoncent

S’agissant de leurs avantages et leurs inconvénients, les espaces sportifs de proximité relancent de nouveau le débat, d’une part, sur leur utilité auprès des jeunes, auxquels ils sont à l’origine destinés, ensuite à leur gestion chaotique par une frange d’individus qui n’a rien à voir avec l’activité physique et encore moins avec le football en tant que sport populaire par excellence. C’est du moins le constat qui a été fait à Constantine à la suite d’une émission radiophonique initiée mardi dernier par la station régionale du média public concerné.

 

Bien entendu, pour les auditeurs, qui, durant une heure, ont assiégé le standard, l’utilité des terrains au profit des jeunes est incontestable sauf que leur détournement par des bandes «mafieuses», ainsi qualifiées par un intervenant, a fait que seuls les adultes en ont l’usage en plus d’être eux-mêmes des otages tenus et mêmes contraints de s’acquitter rubis sur l’ongle de la somme de 2.000 DA pour un créneau d’une heure. L’exclusion d’autorité de ceux auxquels étaient destinés les espaces évoqués, c’est-à-dire les enfants, étant alors définitivement actée. Les espaces en question ne sont pas nés d’une vue de l’esprit, mais répondent bel et bien à l’esprit et à la lettre d’une loi, en l’occurrence celle 13-05 relative à l’organisation et au développement des activités physiques et sportives dont l’article 149 stipule que «l’Etat et les collectivités locales veillent, en relation avec les fédérations sportives nationales concernées, à la réalisation et à l’aménagement des infrastructures sportives diversifiées et adaptées aux différentes formes des activités physiques et sportives, conformément à la carte nationale de développement sportif dans le cadre du schéma directeur des sports et grands équipements sportifs». Mais également que «les collectivités locales développent des programme de réalisation d’infrastructures éducatives de proximité et de loisirs».
Ce que les pouvoirs publics locaux de la wilaya de Constantine ont développé tambour battant par la multiplication desdits espaces, sauf que tout cela était fait d’étrange manière avec une répartition géographique anarchique dans la mesure où certains grands ensembles d’habitation en bénéficiaient exagérément jusqu’à ce qu’ils s’en trouvent, par exemple à Ali-Mendjeli, la disponibilité de deux terrains qui ne sont différenciés que par la même séparation métallique alors qu’enfants et jeunes de lieudits, mechtas, hameaux enclavés continuaient à s’adonner à leur sport favori sur des terrains de labours sinon sur d’autres sols carrément dangereux.

Une histoire de connivence
Cela étant, si dans leur euphorie du moment, les responsables des pouvoirs publics ont effectivement surmultiplié la réalisation des terrains mateco, ils ne semblant pas a contrario avoir engagé une réflexion quant à leur entretien et maintenance et surtout le mode de gestion qui pourrait leur être consacré même si en théorie, l’idée était d’en confier légitimement la responsabilité à un comité de quartier et/ou une association qui y veillerait, assisté en cela par des agents de la commune relevant du comité des fêtes ou du service des activités sportives et sociales mais aussi du patrimoine. Or, ce ne sera pas le cas, puisque avant même qu’ils ne soient livrés, les terrains étaient au centre de négociations underground entre des agents de l’administration communale, des élus et les futurs acquéreurs-gestionnaires alors même que la logique recommanderait une cession qui se ferait dans le cadre d’une consultation avec les habitants d’une cité ou leurs représentants sinon dans celui (cadre) d’une délibération de l’Assemblée populaire communale.
Approché sur le sujet, un cadre de la Direction de wilaya de la jeunesse et des sports nous fera savoir que «les espaces sportifs de proximité relèvent de la gestion communale». Or, la connivence entre des acteurs pas évidemment «clean» a conduit aux abus dénoncés lors de l’émission et la colère difficilement contenue des parents d’enfants mais aussi des locataires à l’encontre d’un voisinage trop bruyant.
Ce qui n’est pas dénué de vérité sachant que les rencontres programmées notamment durant le mois de Ramadhan et maintenant durant toute la saison estivale débutent à partir de 16h pour ne prendre fin qu’à 3h du matin. Et pour cause, les grandes chaleurs. Des situations de nuisance qui ont conduit, il y a cinq années, l’habitant d’une cité à saccager les installations d’un terrain limitrophe à l’immeuble où il résidait. Cela étant, en mars dernier, le wali a instruit la Direction de wilaya de la jeunesse et des sports de prendre désormais en charge le dossier afin d’organiser et discipliner l’usage d’infrastructure, sur laquelle les pouvoirs et le Trésor public dans leur proximité avec les populations ont investi des montants pharaoniques pour faire en sorte qu’enfants et jeunes ne fassent pas le choix de déviance vers des activités délictueuses tout en s’épanouissant et pourquoi pas constituer la relève sportive de demain comme cela était le cas alors même que n’existaient que des terrains de fortune voisins de quartiers populaires et autres grands ensembles d’habitations.
Abdelhamid Lemili