Groupe musical  Tikoubaouine : «Nous voulons une meilleure écoute…»

Dans la liste des groupes que nous voulions absolument interviewer dans le cadre de nos découvertes figure le groupe Tikoubaouine, car beaucoup de jeunes sont extrêmement fanes de leur musique. Un groupe qui produit des titres comme les excellents: «Riwaya», «Ligh El Zaman», ou encore «Ana Sahraoui», doit avoir quelque chose de spécial, de plus que les autres. Nous allons en savoir un peu plus sur ce groupe qui sera en concert à l’Opéra d’Alger ce vendredi. Aussi, dans cet entretien, le leader du groupe, Saïd Benkhira, a bien voulu répondre à nos questions.

Comment le groupe Tikoubaouine a vu le jour ?  
Nous étions très jeunes, nous chantions nos premiers morceaux à Aïn Salah, et nous nous inspirions d’anciens artistes relevant du même style à savoir le groupe Tinariwen. Nous chantions en groupe depuis 2008, mais à partir de 2013 le groupe s’est remodelé, vu notre que notre ambition s’était développée vers l’investissement musicale avec la production d’un album. On s’est  alors attribué un nom, ainsi qu’une empreinte musicale digne d’un groupe professionnel targui.
Quant est-il de vos nuances musicales qui varient entre du Diwane, Blues Twareg, Tindi, Shumar, Jinbie et Assouf ?  
L’Algérie regorge de styles musicaux. Tous ces styles cités relèvent du sud algérien et nous nous sommes spécialisés dans Le Assouf qui signifie solitude ou nostalgie. Ce style est inspiré du Tindi qui est chanté traditionnellement par les femmes, et dansé par les chameaux dans les régions de Djanet, Tamanrasset, Adrar … C’est du Tindi moderne, on l’appelle aussi le blues du désert, et ce qui fait sa particularité c’est sa rareté; d’ailleurs elle n’est pas très consommée, voir chantée.
Vous chantez en Tamacheq et en arabe, y-a-t-il une troisième langue en perspective ?  
A la base, nous chantons pour le monde entier. Nous visons toutes les nationalités à travers notre musique et nos mélodies. Nous transmettons des messages de paix, d’amour, de respect, et racontons les détails de la vie quotidienne pour que chaque personne se reconnaisse, se sente comprise et entendue en musique. Aussi un projet d’interprétation anglophone pourrait voir le jour.
Vous vous êtes produits à Dubaï dans le cadre de l’événement Expo Dubaï 2020 en mars dernier ?
Ce fut notre premier show aux Émirats arabes unis, plus précisément à Dubaï.On s’est découvert un grand public et nous nous sommes surpassés pour bien présenter l’Algérie. Pour nous, ça reste une expérience inoubliable et surtout enrichissante sur tous les plans.
Quel est selon vous l’avenir de la musique saharienne ? 
Nous espérons que ce riche produit culturel soit bien pris en charge et nous souhaitons une meilleure écoute à nos préoccupations professionnelles.
Comment pourriez-vous promouvoir celle-ci ? 
A notre niveau, juste en continuant de bien la chanter et produire, et surtout donner le meilleur de nous-mêmes. Pour la promotion proprement dite, il s’agira d’offrir d’abord les moyens adéquats à notre travail d’artiste, comme des studios, des salles de concert, ainsi que des organismes de suivis, d’encadrement, de gestion de nos droits (Onda), à travers une chaîne d’institutions culturelles, afin de construire, pourquoi pas, une industrie musicale florissante.
Une tournée internationale en perspective ?  
On espère de tout cœur!
Votre dernier album paru en 2020 s’intitule Ahney, yen aura-t-il un autre prochainement ? 
Oui, nous ne comptons pas faire attendre notre public plus longtemps, et on prévoit la sortie d’un troisième album, composé de 14 titres, vers la fin de l’année en cours.
 Entretien réalisé par Nabiha Cheurfi  
Bio express  
Originaire de la wilaya de Tamanrasset, le groupe Tikoubaouine composé de Saïd Benkhira, Hocine Deggar, à la guitare électrique, Abdelhafidh Oumari à la bass et DjaberAsserir au jenbé chante en Tamchak (l’accent amazigh des Touareg) est connu pour son style «Sahara Blues» ouvert à d’autres genres musicaux tels que le Folk et le Reggae.Le groupe qui a à son actif deux albums «Dirhan» (les souhaits 2016) et «Ahney»  (vision future 2020) traite de la vie quotidienne des Touareg, leur histoire et patrimoine culturel, et de la vision du groupe sur avenir meilleur.