Guerre de libération : L’appui des peuples arabes

L’Algérie était La Mecque des révolutionnaires. Sa révolution fut exemplaire et son soutien actif aux causes justes et aux mouvements de libération n’est qu’une conséquence logique. En plein Guerre de libération, l’estime de la majorité des pays arabes a suscité une aide pour notre peuple qui souffrait à une époque où le colonialisme imposait sa loi.

En effet, quand les Algériens affrontaient la France coloniale, la plupart des Etats africains et arabes étaient sous le joug de l’occupation. La révolution algérienne s’est érigée en exemple pour toutes les populations opprimées. Ce fut une terre d’accueil pour tous les mouvements anticoloniaux et la particularité de son combat avait impressionné le monde entier. C’est que l’Algérie n’a jamais nié l’apport de ses nombreux amis ayant veillé à ce qu’elle ne soit pas seule dans son épreuve. Des Etats arabes ont grandement aidé notre révolution. Outre l’appui matériel et politique, ils avaient œuvré pour faire entendre la voix des Algériens  sur la scène internationale. Deux faits se passent de tout commentaire. La déclaration qui annonça, le 1er novembre 1954, le début de la révolution a été diffusé sur les ondes de Radio du Caire, et l’Irak fut le premier pays à reconnaître le GPRA.
Dès le déclenchement de la Guerre de libération, les Etats arabes n’ont pas hésité à reconnaître le FLN comme représentant légitime du peuple algérien. Les aides ne se sont pas fait attendre de la part de nos voisins, notamment de l’Egypte, du Soudan, de la Syrie, de la Jordanie de l’Irak, du Yémen et de l’Arabie Saoudite. Pour ces pays,  dont la solidarité fut multiforme, la cause algérienne était une partie de la lutte de la Oumma. Les Etats membres de la Ligue arabe, créée en 1945,s’étaient engagés en faveur de l’indépendance de l’Algérie. .
L’Arabie Saoudite était là
L’Arabie Saoudite figure parmi les Etats qui n’avaient ménagé aucun effort. Le 5 janvier 1955, Ahmed Echakiri, représentant à l’époque du royaume de l’Arabie Saoudite aux Nations-Unies, avait attiré l’attention en mettant en avant la souffrance du peuple algérien. Il avait réussi la même année à convaincre 14 Etats africains et asiatiques de l’importance à inscrire la cause algérienne à l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU. Mais l’opposition de la France et d’autres Etats occidentaux avait entravé cette demande. L’Arabie Saoudite est revenue, en vain, à la charge en 1956. L’assemblée avait toutefois enregistré positivement sa position fraternelle vis-à-vis de l’Algérie. La session de 1958 s’est terminée par la reconnaissance du droit de l’Algérie à l’indépendance, un principe défendu énergiquement par un groupe d’Etats arabes. L’Arabie Saoudite a montré son soutien à l’Algérie par des actes. Elle a dénoncé, le 22 octobre 1956, le détournement  de l’avion qui transportait des dirigeants du FLN et reconnu juste après sa formation le GPRA en exigeant de la France une solution au problème algérien sous peine de ne pas rétablir avec elle ses relations diplomatiques rompues en 1956 après l’agression tripartite contre l’Egypte. Sur le plan financier, le roi Saoud Ben Abdelaziz avait incité son peuple à faire des dons au profit de la Révolution algérienne. D’ailleurs, Krim Belkacem s’est déplacé en Arabie Saoudite pour remercier ses dirigeants pour ce soutien.
L’Algérie, qui avait suscité l’admiration des peuples arabes, n’était pas seule dans son combat pour l’indépendance. En guise de reconnaissance, le président de la République avait inauguré, en juillet dernier, une stèle dédiée aux amis de la Révolution algérienne. Un geste et un signe de gratitude à l’adresse de nos frères de lutte arabes et autres.
Karima Alloun