Habitat : A l’heure de la numérisation

Lors de la réunion de gouvernement de mardi dernier, consacrée aux secteurs des ressources en eau et de la sécurité hydrique, des travaux publics et des transports, l’accent a été mis sur le secteur de l’habitat, de l’urbanisme et de la ville, notamment les mesures prises dans le cadre de la réduction des délais de délivrance des permis de construire. Il s’agit, entre autres, de la décentralisation de la délivrance de certains permis de construire, la numérisation de l’ensemble de la procédure d’instruction des documents d’urbanisme, le paiement électronique de la taxe.

A l’issue de la présentation, le Premier ministre a rappelé les instructions du président de la République d’accélérer le processus de dématérialisation des procédures et de débureaucratiser davantage la délivrance des différents documents administratifs au profit du citoyen. A ce titre, il a insisté sur l’importance d’engager, en coordination entre les secteurs concernés, la mise en place de la plateforme numérique dédiée à la délivrance du permis de construire, et ce, au niveau des communes sélectionnées en première phase pour le lancement de cette opération.
Le président de l’Association générale des entrepreneurs algériens (Agea),Mouloud Kheloufi, s’est félicité des mesures prises par le gouvernement, qu’il a qualifiées de «bouffée d’oxygène» pour le secteur qui souffre terriblement des effets des contraintes bureaucratiques. «Le gouvernement a bien raison de décentraliser les documents administratifs inhérents aux modalités d’instruction et de délivrance des actes d’urbanisme et à l’investissement d’une manière générale. Il faut bannir la dictature de la bureaucratie devenue une réalité», soutient-il. Tout en se félicitant de ces mesures, il regrette que la réalité en soit tout autre. «Il aura fallu plus d’une année pour obtenir un permis de construire aussi bien pour l’investissement industriel que pour la construction et la réalisation de promotions immobilières. C’est inconcevable et vraiment insensé. Il faut attendre entre une année ou une année et demie pour avoir l’acte de propriété. C’est du jamais-vu. C’est une aberration», déplore-t-il. Il plaide pour développer la numérisation du système fiscal et parafiscal.
«C’est la seule manière qui nous permettra de sortir de l’engrenage de la bureaucratie et de la corruption. Les mesures du gouvernement sont des mesures-clés, mais qui prendront certainement du temps pour qu’elles puissent être appliquées. Nous sommes très en retard en matière de numérisation», dit-il.
«Il faut travailler sérieusement et surtout mettre les moyens qu’il faut pour atteindre les objectifs de la numérisation qui n’est plus un choix, mais une urgence. Le gouvernement a pris les choses en main et est en train de mettre en place des mesures à même d’éliminer le spectre de la bureaucratie et offrir un meilleur cadre pour l’investissement», poursuit-il. Notre interlocuteur a favorablement accueilli l’avant-projet de loi sur l’investissement adopté, la semaine dernière, en Conseil des ministres. Il y voit même un moyen pour lever toutes les contraintes administratives et pour dynamiser l’investissement productif, la création de l’emploi et la sauvegarde des entreprises. Avec le nouveau code des investissements et la numérisation, le pays sortira de l’univers bureaucratique». Le président de la Confédération générale du patronat du BTP, Damou Hakim, abonde dans le même sens. Il soutient que les mesures du gouvernement sont efficaces pour débureaucratiser l’administration. Il pose, toutefois, un problème de lenteur dans l’application. «La prise de décision est une chose, la réalité est tout autre», regrette-t-il.
Par ailleurs, et toujours dans le secteur de l’habitat, l’Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement (AADL) a annoncé, dimanche dernier, le lancement du service de paiement électronique des loyers au profit des bénéficiaires de logement relevant de la formule location-vente. Ce service est le fruit d’une convention signée entre l’AADL et la Banque nationale d’Algérie (BNA), facilitant ainsi aux locataires le règlement des loyers sans avoir à se déplacer. La convention prévoit également la possibilité de s’acquitter des loyers à travers les terminaux de paiement électronique (TPE) au niveau des bureaux de gestion des cités AADL ou bien via l’application mobile de la BNA «Wimpay» qui sera lancée les prochains jours. Auparavant, l’Agence avait lancé une plateforme numérique dédiée au dépôt des recours au profit des souscripteurs. Le secteur avait déjà mis en place une stratégie de numérisation à moyen terme (2022-2024) qui vise la construction d’un édifice numérique capable de soutenir le secteur dans la mise en œuvre de ses missions stratégiques. Le ministère avait, aussi, développé une plateforme numérique pour pouvoir suivre l’avancement des projets de logements en Algérie. Le nouveau portail numérique permet le suivi et l’évaluation des programmes d’habitat.
Amokrane H.