Hacène Menouar, président de l’Association Al-Aman : « L’augmentation des prix, seule solution »

Pour Hacène Menouar, président de l’Association de protection du consommateur Al-Aman, la lutte contre le tabagisme devrait transcender les actions de sensibilisation. «On ne doit pas s’arrêter à la sensibilisation, il fait aller plus loin, plus fort en proposant aux pouvoir publics la mise en place des mesures sérieuses et coercitives. A commencer par l’augmentation du prix du tabac de 300 DA à 1.000 DA le paquet», précise-t-il.

Cette augmentation conséquente, poursuit-il, devrait être versée à la Caisse nationale de la sécurité sociale et mentionnée, noir sur blanc, sur l’emballage du tabac. De même, le président d’El-Aman voit l’impératif d’interdire l’ouverture des kiosques commercialisant le tabac à proximité des établissements scolaires et des centres de la formation professionnelle. Il propose également l’interdiction de vente en détail de la cigarette, qui est, dans la plupart des cas, achetée par les enfants, outre la prohibition de sa vente aux personnes moins de 18 ans. «Auparavant on interdisait la vente de la cigarette aux enfants moins de 14 ans, notre association propose de revoir l’âge limite à 18 ans en vue de freiner les ravages causés par le tabagisme», précise-t-il.
Hacène Menouar estime que les salons de chicha, lesquels ne cessent de pousser comme des champignons, constituent à un vrai danger sur la santé publique. «Nous suggérons aussi la fermeture des salons de chicha, très fréquentés par les jeunes et les moins jeunes, d’autant plus que les quantités de tabac consommées autour des narguilés sont effrayantes», souligne-t-il.
En somme, l’activiste associatif met l’accent sur un travail de sensibilisation «sérieux», devant accompagner l’ensemble des actions de dissuasion et de lutte contre le tabagisme. La Fédération algérienne de football devrait également, estime-t-il, jouer un rôle crucial et ce en recommandant aux footballeurs de s’abstenir de fumer. Convaincu des conséquences du tabagisme sur les plans sanitaire, économique et environnemental, l’association El-Aman poursuit sa plaidoirie, tant ce fléau social touche également des enfants de dix ans.
Aziza Mehdid