Hadj 2022 : Prix et sacrifices

Très chère, oui, mais cette hausse des tarifs du hadj, quand bien même laisse-t-elle pantois, elle n’est autre que la résultante d’une crise sanitaire qui a fait, plus de deux ans durant, table rase de tous les secteurs de la vie active. Le mieux est, cependant, pour dire sagement les choses, le retour tant attendu de nos pèlerins sur les Lieux Saints au moment même où les pouvoirs publics mettent les bouchées doubles pour réussir une opération qui n’est pas des plus simples.

A situation exceptionnelle, il ne pouvait qu’y avoir des réponses exceptionnelles, même si, d’une part, il a dû en coûter des tonnes d’arguments de persuasion aux représentants es-qualité des pouvoirs publics en charge de l’opération hadj 2022 et, d’autre part, des tonnes de regrets, voire carrément de douleur intérieure aux candidats au saint pèlerinage qu’encore une fois cette situation exceptionnelle a laissé en rade et pour cause évidemment la crise sanitaire mondiale dont la soudaineté a bouleversé le quotidien et malheureusement même l’avenir. Bouleversé à divers titres et pas qu’uniquement au devoir religieux de millions de musulmans à travers le monde, mais tout aussi à d’autres niveaux sans exclusive.
Une mesure légitime des autorités saoudiennes, lesquelles, s’il est effectivement difficile de s’opposer au dit devoir religieux et à ce qui est une vérité théologique immuable, se doivent en même temps de préserver la santé de leur population, voire de l’ensemble des pèlerins venus de toutes les régions du globe sans en faire des vecteurs d’une pandémie qui semble être à son crépuscule. Les coupes obligées dans les quotas habituels dévolus à chaque nation ont été des plus douloureuses pour les candidats au hadj, en l’espèce celle (coupe) concernant l’Algérie a dépassé les 50%, soit 18.697 places. Ce qui a pour conséquence de mettre dans le plus grand embarras les autorités nationales mais aussi et surtout les personnes éligibles à la saison 2020, 2021 en passant évidemment par toutes les parties impliquées dans l’organisation de l’opération. Et pour cause, les conditions posées par le pays hôte, à savoir une limite d’âge ne devant en aucun cas excéder les 65 ans, le critère qui aura sans nul doute le plus pesé dans la restriction, dans la mesure où habituellement la quasi majorité des hadjis dépassait allègrement ce seuil. Plus encore, nombreuses étaient les personnes atteintes de graves pathologies et souvent en fin de vie, et pour certains jusqu’à rendre l’âme dans les Lieux Saints mêmes. Preuve en est avec cette réalité qui consiste à souligner qu’un nombre non négligeable de personnes retenues pour l’opération hadj programmée pour l’année 2020 ne figuraient pas sur les listes actualisées en 2022 pour cause de… décès ou d’invalidité.
En outre et cela ne pouvait être autrement, la crise sanitaire a également induit des conditions qu’il serait inconvenant, voire même indécent pour tout être rationnel de contester, en l’occurrence le respect de critères sanitaires rigoureux, à commencer par des examens médicaux avérés, un livret de vaccination valide, le test PCR et bien entendu l’acquittement du coût du hadj, lequel, semblerait-il, aurait été perçu comme excessivement cher. Autant d’évènements nouveaux qui ont irrité et les heureux élus et ceux qui ne l’ont pas été. Sur les ondes des différentes radios régionales, ces derniers n’ont pas manqué de faire état de leur dépit. Parfois en pleurs, faut-il le préciser.
Abdelhamid Lemili