Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association des commerçants et artisans : « Encourager la production nationale »

Le secteur du textile et du prêt-à-porter a connu une reprise relative durant ces derniers jours du mois sacré, en prévision de la célébration de l’Aïd El Fitr, notamment pour les vêtements pour enfants, dont la demande a augmenté cette année de plus de 50%, indique le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca), Hadj Tahar Boulenouar.

Selon lui, la majeure partie des vêtements mis en vente sur le marché sont actuellement issus d’anciens stocks des deux ou trois dernières années. Le secteur a connu une stagnation depuis l’avènement de la pandémie de coronavirus qui a affecté l’importation du textile. «La production nationale ne représentait que 10% des vêtements proposés à la vente avant ces 3 dernières années. Elle représente aujourd’hui 25% du volume de l’habillement, après la réouverture de nombreux ateliers de couture et de création», assure-t-il. La concurrence, poursuit Boulenouar, commence à s’installer sur le marché national et répond à la demande. «Plus de 3.000 ateliers de couture et de design s’activent désormais à travers tout le territoire national et bénéficient de programmes de formation et de réinsertion, à travers les centres de formation ou les salles d’industries traditionnelles», ajoute le même responsable.
Malgré les progrès réalisés, ils demeurent , selon lui, insuffisants pour relever le défi et répondre à une demande croissante du marché de l’habillement, dont la valeur est d’environ 5 milliards de dollars, dont 4 milliards en valeur d’importation. Boulenouar souligne que les spécialistes de la filière textile appellent à encourager les ateliers en leur fournissant les matières premières telles que le tissu, le caoutchouc, les boutons. «Il faut aussi les organiser sous forme de coopératives pour encourager la concurrence et concrétiser des projets manufacturiers qui tendent à exploiter les deux richesses gaspillées en Algérie : le cuir et la laine», souligne-t-il. Selon le président de l’Anca, l’Algérie n’exploite que 15% du cuir et de la laine issus des abattoirs et des fêtes de l’Aïd El Adha.
W. S.