Haut Conseil à l’Amazighité : Production d’un album en langue Korandjé

Dans un communiqué rendu public, le Haut Conseil à l’Amazighité (HCA), annonce la diffusion d’un album comportant des productions poétiques composées et chantées, en langue Korandjé, par un groupe composé d’Abdessalem Abdou et Ali Soudani, accompagnés à la percussion par Sliman Bourougaa et Boualem Ouseghir,  sous la direction artistique de Mostefa Mekhloufi.

L’album contient six titres : Aâeba âemyar (Je veux revenir), TAmissi (comment se peut-il ?),  Kwarandi (parlé de Tabelbala), Âanebba (Mon père), Maghnissi (transmet-leur mon salut) et Baghni (La pluie).
La production s’inscrit dans les missions du HCA chargé de la réhabilitation de l’Amazighité et de sa promotion linguistique et artistique. Elle fait également suite aux engagements pris par Si El Hachemi Assad, secrétaire général du HCA, lors de sa visite de travail en février 2021, en direction des citoyens de la région de Tabelballa soucieux de la préservation et du devenir du « Korandjé’.
Le Korandjé est une variété de tamazight, qui se décline comme  un réel mélange de tamazight, d’arabe et de songhaï, langue nilo-saharienne parlée dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest. Dans son communiqué le HCA précise que « ce parler local est sur la liste des langues menacées de disparition, comme le signale officiellement l’UNESCO. Il est concentré dans les villages de Kwara (Zaouïa), Ifrnyu (Cheraïa) et Yami (Mahkhlouf), autour de l’oasis de Tabelbala dans la wilaya de Beni Abbes, au Sud-Ouest de l’Algérie ».
La production constitue  une démarche urgente en mesure d’identifier l’apport du HCA par la sauvegarde d’un aspect vivant de la variante linguistique Korandjé  et qui se décline dans une première phase par un travail de type monographique d’enregistrement des  productions artistiques.
Cette œuvre originale est coéditée avec le concours de l’Office national des droits d’auteurs et droits voisins (ONDA) et elle se présente sous la forme artistique, authentique et finement élaborée, reflétant les continuités naturelles spatio-temporelles contenues dans des productions culturelles et linguistiques de contact très peu étudiées, entre l’Algérie et les régions subsahariennes sur des milliers d’années, précise le communiqué du HCA.
Le HCA précise cependant «  que seuls les relais institutionnels de recherche et d’éducation contribueront à la description puis la préservation de ce parler unique en Algérie ».
H. Metref