Haut conseil de l’énergie vu par des experts : Assurer la sécurité énergétique du pays

Les membres du Haut conseil de l’énergie ont été installés mardi dernier par le président de la république. Un communiqué de la Présidence de la République explique que cette  instance  est chargée de définir les orientations en matière de politique énergétique nationale, de sécurité énergétique du pays et de régulation du marché énergétique national.

Consultant en transition énergétique, Tewfik Hasni indique que le conseil, ayant en charge les orientations en matière énergétique nationale,  doit d’abord statuer sur les stratégies à suivre pour assurer la sécurité énergétique du pays à long terme. «Ceci ne peut s’effectuer qu’après avoir établi le modèle de consommation énergétique du pays partant des besoins énergétiques en quantité et qualité », explique-t-il. Et d’ajouter : « L’usage énergétique n’est pas seulement électrique, pour notre pays.  Il est d’abord à 80% en chaleur et 20% en électricité. Le futur modèle de consommation doit être basé sur les objectifs de croissance permettant au pays d’accéder au titre de pays émergent».
 Selon lui,  une fois ce modèle établi, il y a lieu d’élaborer le mix énergétique satisfaisant tous les besoins énergétiques sur la base des paramètres d’évaluation comme l’indépendance énergétique à long terme, les couts, la préservation de l’environnement et le respect des engagements pris pour lutter contre les changements climatiques.
Volonté politique
 «Les présidents de la République n’ont cessé d’accorder l’importance aux énergies renouvelables. Il s’agit à présent de lever toutes les ambiguïtés. Le mix énergétique ne peut être que le résultat de cette stratégie bien élaborée conformément à une bonne gouvernance », soutient Tewfik Hasni. Rappelant dans ce sens que   les résultats de  l’étude élaborée en collaboration avec la fondation allemande Friedrich Ebert nous permettent d’être sereins sur la capacité de notre pays à assurer sa sécurité énergétique.
Dans ce sillage, l’expert estime que la part du gaz dans la transition énergétique restera à un niveau important mais en dessous des 25% du mix énergétique national en 2050 alors que le pétrole ne conservera que 10% et les énergies renouvelables seront portées à 55% à cette échéance. « Le texte initial concernant le Haut  conseil  de l’Energie devra être corrigé pour laisser la définition du mix énergétique et le poids à donner à l’une ou l’autre des alternatives énergétiques qu’à la fin de l’étude. Le choix des acteurs de l’élaboration de cette stratégie ne peut rester vague, il faut éviter le poids des lobbies », conclut Hasni.
Professeur en sciences économiques à l’université de Tlemcen Abdelatif Kerzabi a mis en avant le rôle « important » du conseil dans l’élaboration   de la stratégie  énergétique du pays et  d’en assurer le suivi. « Le conseil doit, logiquement,  s’atteler à la mise en place  de la politique de  la revalorisation de nos ressources énergétique et mener à bonne  fin  la transition vers les énergies renouvelable.  Pour y arriver, Kerzabi  estime que cette institution doit jouir d’une autonomie opérationnelle.
Amokrane H.