Hichem-Sofiane Salaouatchi, ministre  de la pêche et des ressources halieutiques : « L’aquaculture seule issue pour augmenter la production »

Toute la stratégie mise en place par le secteur de la pêche vise à asseoir une assise solide pour booster la production halieutique, a affirmé, ce mardi, le ministre du secteur Hichem-Sofiane Salaouatchi dans sa réponse  aux préoccupations des membres du Conseil de la nation exprimées suite à la présentation du texte de loi complétant la loi 01-11relative à la pêche et à l’aquaculture.

Mais selon lui, cet objectif ne peut être atteint si le mode de consommation ne change pas. Et de rappeler que de par le monde, les pays qui arrivent à assurer un ratio de 13 kg de poisson habitant et par an  se basent sur l’aquaculture à un seuil dépassant les 70%. «Notre consommation repose, quant à elle, sur 95% des produits de la mer» a-t-il dit, ajoutant que la stabilité du secteur dépendra du développement de l’aquaculture. «Ce n’est pas utopique», a-t-il dit, affirmant que les moyens existent. Dans les régions du Sud, il a fait savoir que trois directions ont été installées, à savoir à Adrar, Biskra et Ouargla, en vue justement de développer ce créneau et augmenter la productivité. Le défi à relever est de réaliser 25.000 tonnes de produits halieutiques.
Evoquant la campagne de pêche au thon rouge, le ministre a fait savoir que la production a été, cette année,  comparativement à l’année 2021, durant laquelle le volume d’exportation a été de l’ordre de 8 millions de dollars, précisant que le quota de l’Algérie était fixé à 1.650 tonnes. «Nous tablons pour des résultats beaucoup plus importants à ceux de 2021», a-t-il, dit expliquant que d’un côté, le cours de thon rouge dans la Bourse mondiale est en hausse. De l’autre, le nombre de bateaux mobilisés pour cette opération a été renforcé. «31 thoniers ont participé à cette opération sous la bannière algérienne», a-t-il dit.
Par ailleurs, Salaouatchi a indiqué qu’après concertation avec les ministères des Transports et des Finances, une enveloppe budgétaire a été dégagée pour la rénovation de 11 ports de pêche.
Concernant la hausse des prix de la sardine, le ministre a rappelé qu’il s’agit d’un produit saisonnier. Selon lui, le prix oscille entre 800 et 1.200 DA en hors saison et entre 350 et 500 DA en été. Il a précisé que la production halieutique annuelle avoisine les 100.000 tonnes, loin de répondre à la demande nationale qui est de 200.000 tonnes. De ce fait, il souligné que la question des prix  dépend de l’offre et de la demande. Il a indiqué également que le prix a augmenté avec un réseau de distribution qui s’est élargi. Conclusion : « L’aquaculture est la solution la plus recommandée pour renforcer la disponibilité des produits ».
  Levée de des contraintes pour 105 projets
Dans l’optique de la relance de ce créneau, le ministère a procédé à la levée des contraintes pour 105 projets, citant entre autres ceux de la station de Skikda de 100 tonnes et de Zemmouri, dans la wilaya de Boumerdès, pour la production de la dorade d’une capacité de 700 tonnes.
Revenant au projet de loi faisant l’objet de débat, le ministre a mis l’accent sur l’importance de créer une mutuelle dont l’objectif est loin d’être commerciale, pour reprendre ses dires. Il s’agira beaucoup plus de professionnaliser la profession et de permettre à cette corporation de bénéficier d’un certain nombre d’avantages. Il a cité, notamment, l’exonération fiscale sur l’IBS et sur l’IRG, une réduction sur la TVA pour certaines productions et sur la TAP (Taxe sur l’activité professionnelle). A travers la mutualisation, il est aussi question de l’amélioration de la situation socioprofessionnelle des pêcheurs, leur faciliter l’accès au crédit et d’améliorer la qualité de commercialisation des produits de la pêche. Le ministre a fait savoir que 65.100 pêcheurs ont été enregistrés. Pour ce qui est de la loi d’orientation sur la pêche, le ministre a indiqué qu’elle est prête et a été transmise au secrétariat général du Premier ministre.
Wassila Ould Hamouda