Hocine Amar Yahia, économiste : « Les zones franches, des espaces de promotion des investissements »

Le président de la République a insisté, lors du dernier Conseil des ministres, sur «l’impératif d’opérer, dans les dispositions du projet de loi relatif aux zones franches, une rupture totale et définitive avec les pratiques du passé».

Abdelmadjid Tebboune a donné des orientations concernant le projet de loi relatif aux règles applicables à ces zones franches. Il a réitéré, dans ce sens, la nécessité d’opérer, dans les dispositions du projet de loi, «une rupture totale et définitive avec les pratiques qu’a connues l’Algérie pour pouvoir amorcer avec succès une nouvelle phase économique et de développement».
Hocine Amar Yahia, économiste et consultant, explique la décision par les avantages que peuvent présenter ces zones de libre-échange en matière de promotion de l’investissement et de développement économique. « La création de ces espaces qui présentent des avantages fiscaux et exonérés de toutes les formalités douanières est à même d’attirer les investisseurs étrangers à la recherche d’un environnement approprié pour la commercialisation de leur production notamment à l’externe», relève-t-il. Dans ce cadre, il précise que la première mission d’une zone franche est de promouvoir les exportations. L’économiste déplore, toutefois, le retard accusé dans la mise en place des conditions organisationnelles qui devaient régir cette activité et encourager les investissements. «Le Président a soulevé l’impératif de redynamiser ces zones pour pouvoir entamer des transactions commerciales avec les marchés externes et créer de la richesse», note-t-il. A l’en croire, la réflexion a été entamée, depuis quelques années déjà, sans lui accorder une importance capitale pour sa concrétisation. Il plaide à cet effet «pour limiter les contraintes bureaucratiques, élaborer les instruments juridiques et définir tout l’environnement commercial qui doit accompagner ces zones qui seront orientées essentiellement vers l’exportation». Et ce, poursuit-il, pour lutter contre la contrebande et préserver nos capacités économiques.
«La relance économique a besoin de facilités administratives et d’une législation qui viendrait accompagner toutes les initiatives internes et externes, notamment au niveau des zones franches pour favoriser les exportations hors hydrocarbures», rappelle-t-il. En outre, « il ne faut pas oublier queces zones sont destinées à l’exportation d’une production locale induite par les investissements étrangers que compte attirer le pays à travers le nouveau code des investissements».
Pour lui, l’administration a tout à gagner en se libérant du poids des comportements bureaucratiques qui persistent,« notamment en matière de formalités douanières». Et de conclure : «Il est temps de créer le déclic qui encouragerait les investisseurs étrangers à venir s’y installer, d’autant plus que la conjoncture géopolitique est très favorable dans le contexte de flambée des prix du baril de pétrole».
Assia Boucetta