Hocine Oulmi, artiste de rue : Le Street art  nous permet une meilleure visibilité

Il est difficile de ne pas les remarquer tellement ils sont imposants et si bien faits. Il s’agit des portraits géants d’artistes et personnalités culturelles ou historiques algériennes qui enjolivent certains murs de la capitale. Rouiched, El Anka, M’rizek,  El Hachemi Guerouabi, Ali la Pointe et d’autres, autant de personnages ressuscités par les pinceaux de jeunes artistes qui ont choisi d’exposer leur art au vu de tous,  au lieu de le confiner dans une quelconque galerie. Hocine Oulmi est l’un d’eux.

Lorsque nous l’avons rencontré, Il était entrain de peindre le portrait d’El Hachemi Guerouabi à la rue Gassem-Mohamed-Sghir, perpendiculaire au boulevard Didouche-Mourad. Une fresque murale imposante qui nécessite une maîtrise et surtout de la patience. Oulmi, de son nom d’artiste, est diplômé de l’Ecole des beaux-arts d’Alger en 2018. Mais c’est bien avant qu’il a commencé à s’exprimer par la peinture. En 2019, il se lance dans le Street art en réalisant des graffitis et des dessins muraux. Un début très difficile, affirme-t-il, car il n’était pas permis d’utiliser les espaces publics pour peindre, et la plupart des artistes agissaient sous couvert de la nuit, notamment les tagueurs,  confie-t-il.
Selon lui, actuellement, le Street art à atteint son point culminant et nombreux sont ceux qui accaparent des façades d’immeuble, des pans de mur et autres surfaces pour donner vie à des œuvres parfois époustouflantes de précision et de beauté. Nous sommes quelques uns à pratiquer cette discipline et nous nous aidons entre-nous et soutenons les jeunes qui débutent. Oulmi estime que les arts en général doivent investir la rue. «Que ce soit le dessin, la musique, le théâtre ou le break danse, la rue est le meilleur endroit où se produire». «Les salles ne sont que très peu fréquentées mais dans la rue le public est nombreux et varié» soutient-il. Oulmi affirme aussi que le Street art est une manière d’habituer et d’imposer l’art à la société. Cependant, il estime que le nombre d’artistes reste insuffisant. «A Paris, par exemple, dans un espace de 100 m² on peut trouver des centaines de dessins, par contre à Alger en entier il n’y a pas 100 dessins ».
Oulmi tient à dire qu’il n’est pas un tagueur. «Je suis un peintre muraliste et j’ai choisi de m’exprimer avec un travail que le commun des gens peut comprendre». «Le tagueur à d’autres messages à passer que les miens. Il reste un artiste et parfois ses œuvres sont de véritables chefs-d’œuvre, mais ce n’est pas le genre d’expression qui m’intéresse». «J’ai choisi ici de rendre hommage à Guerouabi qui est une figure emblématique de l’art algérien et qui jouit de l’estime de plusieurs générations.» «Mais je ne me limite pas uniquement à ce genre de réalisation. Il m’arrive de me faire plaisir et de donner libre cours à mon imagination et mon inspiration ».
Hocine a déjà fréquenté les galeries d’art, mais il pense que les galeries ne permettent pas une bonne visibilité pour l’artiste. «Le public algérien ne fréquente pas trop les galeries d’art». Mais il ne refuse pas de participer aux événements culturels organisés à Alger ou d’autres wilayas, chose qu’il a faite à plusieurs reprises. «Certes, nous ne gagnons pas grand-chose à participer à des événements, mais cela nous permet en tant qu’artistes de nous retrouver et d’échanger entre nous.»
Hakim Metref