Hommage  à Amar Metref : La transmission du savoir dans la société kabyle

Lors de la dernière journée de l’hommage à l’écrivain Amar Metref, organisé à Ath Yanni du 19 au 21 mai, le journaliste et écrivain Younès Adli a animé une conférence intitulée «La Kabylie en partage»,  à travers laquelle, il met en exergue le souci de transmission des savoirs dans la société kabyle.

En introduction, il rend hommage à Amar Metref qui a exercé dans l’enseignement et qui durant toute son existence d’éducateur a œuvré à transmettre le savoir.  Chose qu’il  a continué à faire à travers ses ouvrages en tant qu’écrivain. Younès Adli a ensuite expliqué  que chez les anciens Kabyles, ce souci de transmission des savoirs  a toujours existé.  L’un des éléments clés de partage de connaissances et d’information était Tajmaât (assemblée du village). Cette assemblée jouait aussi le rôle d’éducateur pour les enfants qui y côtoyaient les adultes. Dans un passé pas très loin, déclare Adli, le village entier veillait à l’éducation des enfants et à leur respect des règles de vie commune.  D’autre part, il met l’accent sur le statut d’éducateur et d’enseignant qui était presque sacralisé.  «Le respect de l’enseignant ne s’arrêtait pas à l’enceinte de l’établissement, mais se prolonge au-delà.»
Adli a ensuite rappelé le rôle de la femme dans la continuité et le maintien de cette chaîne des savoirs. Il évoque le statut que lui accorde la société kabyle et sa protection au sein de sa communauté. A ce propos, il affirme qu’«au début de la colonisation, la protection sociale de la femme dans la société kabyle était égale ou meilleur à celle dont jouissait la femme française».
Younès Adli est docteur en langue littérature et société, diplôme obtenu à l’Inalco de Paris, et  licencié en sciences politiques. Journaliste et écrivain, il a activement participé à la naissance de la presse libre en sa qualité de membre fondateur et de directeur de publication  Tamurt, dès avril 1991.
Ces dernières années, il se consacre à l’étude des bouleversements socio-historiques qu’a connus l’Algérie des XVIIIe et XIXe siècles, en particulier la Kabylie, sa région natale. Ses travaux de recherche sont couronnés de publications sur le patrimoine historique et culturel. Leur valeur a intéressé les milieux du cinéma et de la télévision, pour lesquels il a écrit et  co-écrit des scénarios. On lui doit le scénario du premier feuilleton sur Si Mohand Ou M’Hand, diffusé par la Télévision algérienne.  Membre de la FIJET (Fédération internationale des journalistes et écrivains de tourisme), il active également pour une meilleure valorisation des potentiels touristique et culturel du pays.
Projection du film «Ath Yanni, parole d’argent»
Le programme des journées en hommage à Amar Metref a inclus la projection du film «Ath Yanni, parole d’argent», réalisé en 2007 par le journaliste et écrivain Arezki Metref. A travers ce documentaire, le réalisateur a donné la parole à des citoyens d’Ath Yanni,  pour relater cette petite commune de Kabylie et son histoire riche.  Il donne aussi la voix à la jeunesse de cette région de Kabylie pour dire leur mal-être dans une commune rurale dépourvue de moyens d’épanouissement. Ils y racontent aussi leurs rêves et leur attachement à leur montagne.
Le film met en avant des éléments du patrimoine culturel et historique de la région, tels que la fabrication des bijoux,  ces illustres personnages, hommes de lettres ou artistes, comme Mouloud Mammeri, Idir, Brahim Izri, Azouaou Mammeri. Il évoque aussi  El Hadj Belkacem, fondateur da la zaouïa éponyme, haut lieu de mysticisme et de partage.
Hakim Metref