Hommage à Amar Metref : L’histoire d’Ath Yanni à travers ses auteurs

Dans le cadre des journées organisées à Ath Yanni en hommage à l’écrivain Amar Metref, décédé le 12 septembre 2014, un autre écrivain de la région, Belkacem Achite, a animé une conférence, dans la matinée de vendredi,  lors de laquelle il a abordé trois ouvrages qui évoquent l’histoire du village.

  Il s’agit de «Raconter Ath Yanni» d’Amar Metref,  «Le Mont des orfèvres» de Belkacem Achite et «Le Pays de mes ancêtres» de Boussad Ibazizen. Des ouvrages portant les prémices d’une monographie des Ath Yanni. C’est notamment sur le livre d’Amar Metref qu’Achite a mis la lumière. Il affirme qu’«il est le premier à avoir écrit d’une manière originale sur Ath Yanni».  «C’est une écriture basée sur la mémoire, car il n’y a pas vraiment d’archives qui puissent aider à écrire une histoire officielle», dit-il. Achite soutient que «la mémoire collective a une grande valeur et si les histoires ont plusieurs versions, elles s’accordent  sur l’essentiel». Toujours sur le livre «Raconter Ath Yanni», le conférencier déclare que «Metref a su évoquer les principaux événements et personnages qui ont marqué l’histoire de cette tribu».
Sur «Le pays de mes ancêtres» d’Ibazizen, Achite affirme qu’il aborde l’histoire événementielle d’Ath Yanni, alors qu’Amar Metref a écrit une histoire culturelle et sociologique, chose qui se fait très peu. «Sans entrer dans les détails historiques, Metref a su rapporter l’essentiel de notre histoire», indique-t-il. Pour exemple, Achite rappelle le chapitre où il est question d’un personnage clé d’Ath Yanni, Sidi-Ali Ouyahia,  qui a su dénouer la crise et la rivalité entre la tribu d’Ath Yanni et  celle des Ath Ouacif. Il cite encore l’histoire de la fabrication de la fausse monnaie à l’époque ottomane, qu’il qualifie de «guerre économique avant l’heure».
Amar Metref a également cite un nombre de personnages légendaires d’Ath Yanni. «A travers ses figures, il donne un élément de culture et de mode de pensée des différentes époques», affirme Achite. Amar Metref, souligne-il, «tout en rapportant les étapes et les personnages clés de la région,  a quand même pris le soin d’ignorer certains détails rapportés par la mémoire collective pour ne pas heurter la sensibilité de certains».
Belkacem Achite est né en juin 1946 à Ath Yenni, wilaya de Tizi-Ouzou. Après l’obtention d’un diplôme en sciences politiques et économiques, il occupa des fonctions supérieures au sein du ministère du Travail et de la Formation professionnelle puis, durant près de trois décennies, auprès de la Cour des comptes, avant de prendre sa retraite en 2009.
Il est l’auteur d’un premier livre, «Le Mont des orfèvres», paru aux éditions Casbah en 2017.
Un hommage en poésie
Dans l’après-midi, l’hommage s’est poursuivi en poésie avec une pléiade de poètes et poétesses. Ahcen Meriche, auteur de plusieurs anthologies de poésie, a rendu hommage au père dans un poème titré «Vava », accompagné par Nadjoua Bensalem qui a déclamé la version française. Dans un autre poème intitulé «Thilufa n’ddunit»  (les soucis de la vie), Merich décrit les états d’âme d’un homme face aux épreuves de la vie. Ouarde Baziz Cherifi, également poétesse et romancière, a rendu hommage à Tahar Djaout à travers un poème en tamazight intitulé «Inidawalik» (dit ton mot),  inspiré de la célèbre phrase de Djaout  «Parle et meurt». Pour sa part, Farida Sahoui a offert au public un florilège de la poésie de Si Mohand Ou M’Hand. Un autre poète d’Ath Yanni, Makhlouf Boughareb, a évoqué «Thafsuth-nni»  (ce printemps-là) qui rappelle un certain avril 1980 nommé «Le Printemps berbère».
De notre envoyé spécial à Ath Yenni