Hommage à M’hamed Yazid : Une  voix de la cause algérienne

Patriote, intellectuel et diplomate, M’hamed Yazid était un des porte-voix de la cause algérienne sur la scène internationale, en compagnie d’autres militants, tels Hocine Aït Ahmed et Djamel-Eddine Chandarli qui fut son proche compagnon à New York.
Hier, le forum de la mémoire d’El Moudjahid lui a rendu hommage pour son rôle dans l’internationalisation de la cause algérienne. «Le riche parcours de ce diplomate, fervent patriote, intellectuel est un exemple à suivre pour la jeune génération», a souligné le moudjahid Aïssa Kasmi.  «Ce genre de conférences doit se multiplier pour mettre la lumière sur ces hommes et femmes qui se sont sacrifiés pour notre pays et son indépendance», a-t-il ajouté. Il a rappelé dans la foulée que  Yazid était parmi la délégation envoyée par le FLN représenter l’Algérie à la conférence des non-alignés de Bandung. Il était également le représentant du FLN aux Nations unies à New York.
Kasmi se souvient de certaines actions menées par le défunt diplomate durant la guerre de Libération. «A la conférence de Bandung, la majorité des délégations ne connaissait pas l’Algérie. En se rapprochant des conférenciers, il leur disait ‘’Nous sommes Algériens’’. Il a demandé à la chargée de la communication d’annoncer, chaque fois au micro, ‘’la délégation algérienne est appelée à se présenter’’.»
A la fin de la journée, ils se sont fait connaître de presque tous les participants. Pour Kasmi, «cela dénote le génie de l’homme dans la communication et la propagande».
 «M’hamed Yazid a rejoint le mouvement national très tôt. Ses actions ont été essentielles lors des  fora internationaux où il a dénoncé le colonialisme français», a-t-il indiqué. «Grâce à leur détermination et acharnement, la question algérienne a été programmée à l’Assemblée générale de l’ONU plusieurs fois, la première fois en automne 1955. D’ailleurs, le gouvernement français a rejeté  cette proposition en soutenant que la question algérienne n’existe pas et que c’est une question interne à la République française», affirme, pour sa part, le journaliste et écrivain Mohamed Bouazara.
En  1958, fut créé le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).Ce gouvernement a joué un rôle important notamment en présentant un projet de résolution dans laquelle l’Assemblée générale de l’ONU avait reconnu le droit du peuple algérien à l’autodétermination, avec le soutien des pays amis. Le GPRA a également pris des dispositions pour engager des négociations avec le gouvernement français.
Yazid avec son génie et son abnégation a accompli avec brio son devoir en qualité de représentant du  FLN en Amérique. Ministre de l’information et porte-parole officiel du GPRA, de septembre 1958 jusqu’en 1962, il a continué ses missions comme porte-voix de l’Algérie qui luttait pour le recouvrement de son indépendance.
Natif de  Blida en 1923, il avait poursuivi  ses études jusqu’à l’obtention du baccalauréat. En 1942, il adhère au Parti du peuple algérien (PPA). De 1946 à 1947, il occupe le poste de secrétaire général de l’association des étudiants musulmans d’Afrique du Nord ; l’année d’après, les autorités coloniales  l’arrêtent et le condamnent à deux ans de prison.
Après sa libération, il retourne en France où il représente le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). Par la suite, il adhère au FLN en octobre 1954 lors d’un séjour au Caire. M’hamed Yazid décédé en février 2003 repose dans sa ville natale.
Karima Dehiles