Hôtel de ville : Encore de belles années !

Imposant, monumental, solide, l’Hôtel de ville semble indestructible. Bien qu’il date de plus d’un siècle, son aspect demeure inchangé. Il a encore de belles années ! Les deux lions en bronze, de chaque côté de l’entrée de l’édifice, semblent aux aguets,
en quête d’ennemis invisibles. La tête haute, crinière légèrement en arrière, ils affichent un air royal qui force le respect.
Le choix pour cet animal n’est pas fortuit. L’auteur de ces sculptures, Caïn, a voulu rendre hommage à Oran dont l’appellation «Wahran» signifie lions. Ces mêmes lions sont reproduits par le même sculpteur pour agrémenter l’entrée de la mairie de Paris. Les escaliers, en forme arrondie, qui mènent vers l’entrée de l’hôtel, sont propices
aux photos souvenirs. En arrière plan, trois immenses portes, en fer forgé sous forme d’arcades, surmontées de trois balcons, juste au-dessus, sculptés, susciteraient la jalousie de bien des palais. Les visiteurs d’ailleurs ne ratent pas l’occasion d’immortaliser leur passage à cet endroit, la main posée sur l’un des lions. «Le bâtiment est doté d’une entrée à larges escaliers, à double révolution, en marbre d’onyx translucide, avec balustres et colonnes. Le vitrail décore le plafond et les fenêtres», indique le président
de l’association Bel Horizon, Kouider Metaïr. La bâtisse, en pierre taillée, érigée en 1886, est visible à partir des quartiers qui donnent sur la place du 1er-Novembre. Les touristes, ainsi, peuvent apercevoir ces différentes facettes architecturales de type néo-classique. L’intérieur de la bâtisse, fermée pour l’instant pour travaux, est tout aussi impressionnant en termes de décoration bien qu’il soit dans un état de dégradation avancé. L’entrée donne sur un patio, une grande cour où les diligences, à l’époque, prenaient place. L’édifice est construit de sorte à ce qu’il laisse entrer un flot de lumière. Les fenêtres, hautes, sont nombreuses de bas en haut de la bâtisse. Sans compter les doubles révolutions translucides qui laissent entrer la lumière du jour. Au-dessus du patio, des balcons donnent tous sur la cour. L’aération ne manque pas dans cet espace. «Ce lieu est conçu dans le style architectural Haussmannien. Le préfet de la Seine, le baron Haussmann, du temps de Napoléon III, était asthmatique et ne supportait pas les lieux fermés. Toutes les constructions en son temps étaient ouvertes, aérées et l’Hôtel de ville est un bel exemple du gabarit Haussmannien. Il y a quatre façades et de l’aération pour les bureaux de chaque côté», explique le président de l’association Bel Horizon. Le premier étage, accessible par un ascenseur dont la structure est pratiquement intacte, abrite des bureaux du personnel du maire et au deuxième étage, le cabinet du maire et la salle des délibérations. A ce même étage, également, se trouve la salle des fêtes, sous forme rectangulaire, où on célébrait les mariages civils et où se tenaient des réceptions et des bals. La salle des fêtes était connue à l’époque sous l’appellation de «Salle des glaces», car ses murs étaient ornés de grandes glaces. Malheureusement, depuis le temps, ces dernières ont disparu.
 F. Belkhiri