Hygiène publique : Gare aux intoxications

La saison estivale approche est à nos portes. Outre l’aménagement et le nettoyage des plages, l’hygiène publique constitue un souci majeur car la période de vacances rime avec la résurgence des intoxications alimentaires.
L’Algérie enregistre annuellement entre 20 et 30.000 cas d’intoxication. Toutefois, pour certains, ces chiffres sont loin de refléter la réalité.  Dans les restaurants, à la plage  ou à la maison, le risque est omniprésent. Le non-respect des mesures d’hygiène et la rupture de la chaîne de froid sont les principales raisons de cette situation. La prévention dévolue aux associations et aux praticiens vise en premier lieu à réduire ces risques.
Depuis 2018, l’association de protection du consommateur El Aman poursuit ses campagnes de sensibilisation et de promotion de l’hygiène et de la sécurité alimentaire. Selon son président, «l’Algérie est un pays de faible culture et d’encadrement dans le domaine de la consommation. La situation se dégrade d’année en année», assène-t-il.  «Le problème n’est pas simple car on enregistre des cas d’intoxication durant toute l’année alors qu’on croyait que le phénomène est associé aux  périodes de grandes chaleurs», souligne-t-il.
La lutte et la prévention doivent se poursuivre tout le long de l’année. Parlant des propositions de l’association, notre interlocuteur recommande, en période de forte chaleur, «de retirer et d’interdire la vente sur les marchés de produits à fort risque d’intoxication comme la viande hachée et le merguez qui sont très sensibles aux bactéries».
Menouar met également l’accent sur la nécessité de  renforcer les bureaux d’hygiène communaux en  moyens matériels. Par ailleurs, l’association se tourne vers le consommateur qui doit, selon son responsable, «changer de  mode de consommation alimentaire», mais aussi vers les producteurs et opérateurs économiques qu’elle exhorte à s’éloigner de la triche. «Les pouvoirs publics doivent aussi  promulguer des lois, une réglementation contenant des normes qui assurent un meilleur contrôle du marché», ajoute-t-il.
Un travail colossal attend les pouvoirs publics qui doivent sanctionner toute personne qui enfreindrait les règles d’hygiène. «Depuis 2016, les services de contrôle se font de en plus rares et l’informel occupe tout l’espace public», déplore Menouar.   «Les contrôleurs au sein des APC agissent comme des fonctionnaires. Ils ne sortent que très rarement sur le terrain», renchérit-il.
Menouar n’omet pas de souligner le rôle des médias qu’il qualifie de «partie prenante» sur le front  de la sauvegarde de l’hygiène et la sécurité alimentaire. Il plaide également pour l’implication des services de sécurité qui doivent, insiste-t-il, «sévir lors des opérations de contrôle des modalités de   transport  des viandes, produits laitiers et autres boissons».
Pour le Pr Bouamra, épidémiologiste à l’hôpital de Tipaza,  «les toxi-infections alimentaires sont un réel problème de santé publique durant l’été».  Pour lui, la sensibilisation de la population et des commerçants ne doit pas s’arrêter, tout en conseillant aux consommateurs «d’éviter les restaurants et fast-foods et de privilégier les fruits et légumes de saison».
Samira Belabed