Il est partagé par des milliers de personnes : Le rêve d’être titularisé 

C’est un grand soulagement pour les titulaires de contrat pré-emploi, particulièrement ceux du secteur de l’Education nationale. Le chef de l’Etat vient en effet de décider de régulariser leur situation avant fin mai.

La revendication est portée depuis de nombreuses années par les syndicats de l’Education. D’ailleurs, de nombreuses actions de protestation ont été organisées à l’initiative de comités de contractuels dans diverses wilayas. La récente mesure prise par le chef de l’Etat est de ce fait perçue avant tout comme «une prise en charge de cette catégorie», qui ne jouit pas de ses droits essentiels.
La décision est salutaire pour des milliers d’universitaires vivant dans la  précarité, malgré une expérience professionnelle qui dépasse parfois dix ans. «Le provisoire a trop duré», souligne Mohamed, jeune enseignant de français, qui a travaillé dans une école de primaire à Tipaza. Saluant la décision du président de la République, il se dit soulagé de voir la situation des autres  régularisée. Il n’a pas oublié ce qu’il a enduré pendant des années. «Je percevais moins que le salaire minimum garanti. J’avais toujours des contrats à durée déterminée qu’on me renouvelait mais parfois je chômais. Je n’avais qu’une couverture sociale partielle et mes années de travail n’étaient pas comptabilisées pour le calcul de la retraite», se désole-t-il. «Aujourd’hui, poursuit-il, je me suis débarrassé d’un lourd fardeau et de la sensation d’injustice. C’est un nouveau départ pour moi», confie notre interlocuteur.
Ils sont des milliers comme lui ces enseignants qui accomplissent un travail extraordinaire. «C’était tout à fait légitime et juste que le chef de l’Etat en fasse une de ses priorités», souligne Randa, diplômée en droit, titulaire d’un contrat à duré déterminée renouvelable, qui travaille l’APC d’El Harrach depuis 3 ans. «Je suis là de 8h à 16h30 pour un salaire dérisoire. Il n’y a aucun avenir», s’emporte-t-elle.
Sur la cinquantaine d’employés que compte l’APC, plus de la moitié d’entre eux relèvent du pré-emploi et exercent dans des postes où «la masse de travail à accomplir est la plus importante», fait-elle remarquer. Elle révèle, par ailleurs, qu’elles sont plus d’une dizaine de femmes dans cette situation. « Certaines sont âgées de40 ans. Une mère de famille, qui en est à sa 7e année, a travaillé sous  différentes formules (filet social, DASS, Anem) et qui se retrouve à un âge avancé, avec des enfants à charge, avec tout juste le SNMG», raconte, pour sa part, Neïla qui occupe un poste dans le cadre de Agence nationale de l’emploi (Anem).
Titulaire d’une licence en psychologie, Nassim use presque des mêmes mots pour évoquer une précarité similaire. Percevant un salaire insignifiant, ce TS en informatique émarge au dispositif depuis six ans. «Les deux dernières années sont les plus dures, car je me sens démotivé complètement», reconnaît-il. Et d’ajouter avec amertume : «Avec mon salaire, je me sens toujours dépendant de mes parents. J’habite chez eux et je partage les frais quotidiens et les charges du foyer». Comme beaucoup d’autres, son seul espoir est d’être un jour titularisé.
Samira A.