Ils ont dit : Pour une place plus valorisante

Comme de coutume, les artistes algériens célèbrent la Journée nationale de l’artiste qui coïncide avec le 8 juin de chaque année.  Pour eux, cette journée constitue une halte en la mémoire des gens de l’art, aujourd’hui disparus.

Un hommage à ceux qui continuent la lutte pour répandre l’art et la culture algériens, mais aussi apprécier les acquis arrachés, particulièrement ces dernières années. Les artistes algériens sont unanimes à dire que cette journée nationale a été instituée pour aider l’artiste, promouvoir son travail et développer ses capacités. Pour eux, l’art, la créativité, l’innovation et la diversité culturelle jouent un rôle important  dans la vie d’une nation et contribuent également à la réalisation d’un monde libre et pacifique.
L’ART ADOUCIT LES MŒURS
Pour l’interprète andalou Farid Khodja, l’artiste a besoin d’être valorisé constamment. «Cette Journée intervient pour célébrer l’apport des artistes à l’épanouissement et l’apaisement du corps et de l’esprit dans ce marasme du XXIe siècle qui tend à nous condamner au matériel et nous éloigner du beau», dit-il. «L’artiste algérien,  à l’instar de ses homologues étrangers, quelque soit son domaine d’expression, devrait être plus considéré. Hélas, son œuvre n’est pas très valorisée, voire très peu médiatisée quand il n’est pas lui-même marginalisé», se plaint-il. Selon lui, l’artiste algérien mérite une place  plus valorisante dans la société, car l’art participe à adoucir les mœurs. «Il faut encourager les artistes, en organisant plus de tournées et de sorties culturelles, seul moyen d’assurer le salut de notre jeunesse», recommande Farid Khodja.
UNE RECONNAISSANCE
Chanteuse et interprète andalouse aussi, Lamia Maâdini estime que «le statut de l’artiste a positivement changé, notamment avec les droits sociaux et la considération par le public». «Nous allons vers une amélioration certaine, doucement mais sûrement, et cela est encourageant», précise-t-elle. Pour ce qui est de la célébration de la Journée nationale de l’artiste, Lamia Maâdini estime que l’évènement est important. Il est dédié aux artistes, car ils méritent une reconnaissance, une meilleure considération et le respect sur tous les plans, indique-t-elle.
HYMNE AUX DISPARUS
La Journée nationale de l’artiste  intervient, pour le comédien et acteur, Hamid Rabia, au moment où l’Algérie se prépare pour la double fête de l’indépendance et de la jeunesse. Soit deux dates importantes, qui rappellent, selon lui, l’hommage fait aux artistes et la transmission du flambeau à la génération montante. «C’est un double anniversaire, mais surtout une halte en la mémoire des artistes qui nous précédés, soit un point de départ pour améliorer le statut et la situation de l’artiste en général, aspirer à un meilleur changement, et relancer des programmes qui ont longtemps stagné pour faire bouger le secteur avec l’appui du ministère de tutelle», ajoute-t-il.
UNE DATE NE SUFFIT PAS
De son côté, la comédienne Atika Toubal tire la sonnette d’alarme : «L’artiste algérien  mérite plus qu’une journée. Il y a encore beaucoup à faire, particulièrement sur le plan social.»   «Nous avons beaucoup donné à l’art, notre temps, notre jeunesse, notre savoir-faire, alors une reconnaissance et un appui sont la moindre des choses», rétorque Atika.     Les artistes algériens attendent le changement, ils sont conscients de l’importance de l’art dans l’édification de leur société. Ils mettent à profit cette journée qui leur est dédiée pour construire et donner plus encore, préserver l’identité nationale, la culture algérienne et pérenniser le patrimoine. Les artistes algériens répondent «présents» pour participer aux activités culturelles, débats, conférences, rencontres, manifestations culturelles, ateliers, pour renforcer les liens et répandre la création artistique, encourager la diversité et mettre la lumière sur l’éducation artistique dans les écoles.
Rym Harhoura