Importante découverte de pétrole par Sonatrach : «Nécessité d’exploiter nos réserves en gaz», selon l’expert Kefaïfi

Le groupe pétrolier national Sonatrach et son partenaire italien ENI ont annoncé, dimanche, une importante découverte de pétrole brut dans le périmètre de recherche Zemlet El Arbi, dans le bassin de Berkine, après avoir réalisé avec succès le forage du 1er puits d’exploration dans ce périmètre.

Durant le test de production, «le puits a donné lieu à 46,4 m3/heure (7.000 barils/jour) d’huile et 140.000 m3/jour de gaz associé», a révélé Sonatrach ajoutant que les estimations préliminaires montrent que «la structure HDLE renferme environ 140 millions de barils de pétrole brut en place». La mise en production est prévue au troisième trimestre 2022, annonce, en outre, le groupe national. Selon Ali Kefaïfi, expert et consultant en stratégie économique et pétrolière, il s’agit d’«une réévaluation de gisements déjà existants où il est toujours possible de trouver de nouvelles réserves».  Il faut savoir, explique-t-il, que «lors de l’exploitation d’un puits, il y a toujours le pétrole trouvé, probable et possible de découvrir». On parle, dit-il, d’«une réévaluation lorsque des réserves probables deviennent possibles à extraire».
Pour l’expert, «bien que cette découverte demeure minime, l’Algérie a les capacités d’exploiter ses réserves en gaz jusqu’à atteindre 60 milliards de mètres cubes, soit l’équivalent de ce qui est aujourd’hui consommé et exporté. Il préconise dans ce sens de  privilégier les méthodes modernes et les nouvelles technologies pour procéder à la récupération tertiaire notamment au niveau de Hassi Messaoud». On peut, assure-t-il, facilement faire de la récupération secondaire en réinjectant dans les gisements existants du gaz comme cela se faisait dans les années 70. Ce qui devrait nous permettre de passer de la récupération secondaire à la tertiaire pour avoir du nouveau du gaz. Par ailleurs, «la valorisation rapide de ces nouvelles ressources, dont la mise en production est prévue au troisième trimestre 2022, ne peut être effective que si les installations de traitement existent déjà», a-t-il ajouté. Mais il ne faut pas perdre de vue, fait-il remarquer, que «l’Algérie est avant tout un pays gazier et non pétrolier. On ne peut pas, donc, compter sur nos réserves pétrolières pour produire davantage», soulignant «l’importance de l’exploitation des hydrocarbures à travers le développement de notre production en gaz».
Et pour cause, «le prix du gaz est très compétitif par rapport au pétrole. C’est une opportunité extraordinaire pour l’Algérie qu’il va falloir saisir notamment en cette conjoncture géopolitique», renchérit-il. L’Algérie a bénéficié, selon Kefaïfi, «de l’augmentation des prix du pétrole en raison de la crise russo-ukrainienne. Ce qui peut durer jusqu’au mois de juin prochain avec des recettes pouvant augmenter de 50% comparativement à l’année dernière où elles étaient évaluées à 32 milliards de dollars». Pour atteindre cet objectif, «nous avons besoin de changer de stratégie de production pour mettre en évidence toutes les ressources naturelles et pour pouvoir faire face aux différents défis économiques».
Assia Boucetta