Importation du plastique : Un marché de 2 milliards de dollars

L’industrie de la plasturgie nationale dépend toujours de l’importation, la matière première n’étant pas disponible en Algérie. En 2021, elle a importé pour une valeur dépassant les 2 milliards de  dollars. Un marché considéré comme juteux et très compétitif, selon les participants au salon Plast  et Printpack qui se déroule, sur trois jours,  au Centre international des conférences (CIC) Abdellatif Rehal.

Une manifestation économique qui a drainé plus d’une centaine d’entreprises représentant 18 pays, à l’image de la Turquie présente avec une vingtaine de sociétés, l’Italie, la Chine, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Inde et les Etats-Unis…  La participation des pays arabes n’est pas des moindres. Des exposants sont venus d’Arabie saoudite, de la Tunisie, de l’Egypte et des Emirats arabes unis. Objectif: placer leurs produits sur le marché algérien. «La concurrence est rude», a commenté un représentant de Moretto, une marque italienne spécialisée dans la fabrication des machines de recyclage.
Ce salon qui en est à sa 7e édition intègre pour la première fois, en effet, l’aspect de la récupération du plastique mais aussi de l’emballage. Maghreb Emergent saisit cette opportunité pour annoncer le lancement prochain d’une unité de recyclage (papier ondulé, plastique et acier), la plus grande en Afrique, souligne son responsable commercial, Adel Ghenim. Il a expliqué que celle-ci devra entrer en production au mois de juin. Autre prétendant, le chinois Jwell. C’est sa première participation. Elle ne sera pas la dernière, selon son représentant, vu le nombre de clients qu’il a eu à rencontrer durant les deux premiers jours de l’événement. «Il y a un fort engouement. Nous avons pris des contacts avec plusieurs clients avec lesquels nous espérons conclure des contrats d’achat», a souligné  son représentant, Sunshine. Pour l’instant, il se contente de présenter ses services comme fournisseur  direct en attendant d’avoir une meilleure visibilité sur le marché, a-t-il dit.
AFC Industrie n’est pas dans cette optique. Présente depuis 2018, cette entreprise turque compte renforcer le placement de ses produits sur le marché algérien via un distributeur. Sa spécialité est la fabrication de machines industrielles pour la production et le recyclage du plastique. L’autre marque turque Fenol Kimya affiche la même ambition. Mohamed Ouael Anis, son représentant, soutient que beaucoup d’opportunités s’offrent dans le domaine du plastique soulignant qu’avant de venir, son entreprise a fait une étude de marché. Idem pour la société Middle East Ressources Company de l’Arabie saoudite, qui ambitionne d’acquérir des parts de marché sur les additifs et les colorants, a indiqué Mahmoud Ibrahim, son responsable commercial. La participation algérienne est représentée principalement par des importateurs. La Sarl Polychimical est distributeur de matières premières (polypropylène, polyéthylène, PVC…). Elle déplore les «restrictions sur l’importation de la matière première et la toute dernière décision selon laquelle les importateurs devront obligatoirement passer par Algex pour l’obtention d’une autorisation». Imane Mayouf, représentante d’un fournisseur turque, a souligné que la limitation des importations a engendré le doublement des prix du polypropylène passant à 360 DA/ kg.
Wassila Ould Hamouda