In Guezzam : Beauté, authenticité et originalité

Dire qu’In Guezzam est une wilaya de passage et de transit n’est pas faux. Mais pas que. N’ayons pas peur de le dire : la région est irisée d’endroits touristiques, offrant un panorama exceptionnel. Des coins et des recoins authentiques, originaux, d’une beauté à couper le souffle. Une nouvelle découverte du Sud. Ici, ça ne rigole pas. Dame nature a bien fait les choses. Chut ! Rien à dire… Contempler et scruter. In Gazzaramen, Ikadi Ibadan, Elladj Bouya, Filo, In Ghechlen, Tin Agharhom, Jbel Lenghabber, Imaradighe sont des sites uniques et singuliers à voir et à revoir, sans jamais s’en lasser. Un régal pour les yeux.

Nous sommes le 23 mars 2022. Lors d’un  voyage organisé, des gérants et propriétaires d’agences de tourisme venus du centre, de l’est, de l’ouest et du sud du pays ont été transportés dans le temps à la découverte d’une nouvelle destination touristique, jusque-là cachée,  soigneusement. Une expérience inoubliable. «Nous cherchons surtout à travers ce circuit l’originalité. Autrement dit, des sites pas encore connus du grand public. Cela nous permet de s’éloigner du déjà-vu», indique Faraoun Abderrazak, propriétaire de l’agence  Bookngo Travel, de Sidi Bel-Abbès, heureux d’y être.  A l’en croire, l’objectif de ce voyage est de placer In Guezzam sur la carte du tourisme  national.
Il explique que l’approche des agences de tourisme a changé. «On veut toujours  quelque chose d’original. Venir à In Guezzam est pour nous un véritable défi qui s’inscrit en droite ligne de cette nouvelle politique des agences de voyages en quête de singularité.
Nous commençons d’abord par la promotion pour passer à la commercialisation. Le fait qu’In Guezzam soit le point le plus reculé sur la carte est un argument supplémentaire   pour charmer les touristes, nationaux ou étrangers. Sur le plan commercial, les agences savent qu’il y a un bon coup à jouer», ajoute-t-il, non sans rappeler que la promotion d’une nouvelle destination coûte énormément cher. Pour lui, l’éloignement n’est et ne sera jamais un handicap pour les touristes.
Les sites sont  tranquilles. Havre de paix.  Les paysages ressemblent beaucoup à ceux de l’Assekrem: des montagnes massives et imposantes vous entourent de toutes parts. Hallucinantes sont-elles. Le décor est tout simplement majestueux. Le spectacle est magnifique. Il ne se décrit pas, il se vit. L’endroit suscite déjà le coup de foudre. La victime n’est autre que Laïb Hakim, propriétaire de l’agence Lamtaras Voyage. Ce chevronné du tourisme se lâche : «Je suis époustouflé. Je n’ai pas de mots. Merci Dieu pour ces paysages splendides. Merci dame nature d’avoir donné naissance à ces sites spectaculaires, d’une beauté inégalée.» Pour lui, le circuit doit être définitivement et le plus vite possible inscrit sur l’itinéraire touristique national. Il ne s’arrête pas là, notre interlocuteur : «L’Algérie est un pays continent. Regardez. Contemplez. N’est-ce pas là une vaste et grande étendue de paysages rocheux et sableux du désert. N’est-ce pas là une opportunité à ne pas rater pour développer tous les types de tourisme : aventure, spirituel et pourquoi pas astronomique.»
Les jeunes touristes sont restés bouche bée devant tant de beauté. «Je suis ébahie. C’est impressionnant», commente une jeune fille, à peine âgée de 20 ans. Une autre poursuit : «C’est un lieu à voir absolument. Ça sera sans regret.» Splendides, magnifiques, remarquables, majestueux et inoubliables… Ce sont, entre autres, les qualificatifs qui reviennent dans toutes les bouches. Appareil photo, caméra et portable à la main, les visiteurs immortalisent, en images et en son, ces moments d’exception. Des souvenirs  impérissables. Le directeur de la culture, Boudjlaba Abdelaziz, est un homme heureux. Il estime que ce voyage, le premier du genre, est une occasion inouïe de faire connaître les richesses touristiques cachées d’In Guezzam.
Investissement…ça pousse
Ce n’est un secret pour personne : In Guezzam est «bourrée» de sites touristiques.  Toutefois, le manque de transport et l’insuffisance de capacités d’accueil et de moyens humains retardent l’essor du tourisme dans cette localité. Conscientes de la situation, les autorités locales ont pris les devants. Et  pourquoi ne pas renverser la vapeur ? Un investisseur a construit un grand hôtel au centre-ville. En attendant la fin des travaux, l’opérateur, ne voulant visiblement pas perdre de temps, a inauguré un dortoir de 20 chambres confortables. Le prix d’une nuitée dans cet établissement est de 5.000 DA, raisonnable selon le gérant.
On y trouve un grand lit double ou deux lits jumeaux, selon les préférences des clients. Les chambres sont climatisées. Une salle d’eau avec baignoire ou douche et des WC sont à la disposition des hôtes. Rien n’a été laissé au hasard. Tout est fait avec soin.  Son gérant, Baâlouj Soufiane, indique que l’investissement dans le tourisme dans la  wilaya représente un risque évident. N’empêche, l’échec a peu d’importance pour lui. «Le pire, c’est de rester sans rien faire», ne cesse-t-il de répéter. Doté d’un grand sens des affaires, notre investisseur est déterminé à faire aboutir son projet, le seul au niveau de la wilaya. Enfant de la région, il connaît parfaitement le potentiel touristique local. In Guezzam, en tant que destination touristique, n’est pas connue du grand public.
«Notre ambition est grande et notre volonté inébranlable. Nous avons commencé par la réalisation de ce dortoir, en attendant le  grand hôtel. Les travaux avancent bien», se réjouit-t-il. L’établissement compte 44 chambres, une salle de conférences, une piscine, un grand restaurant et une cafétéria. Selon lui, «la réalisation de ces projets est une manière pour nous d’être au diapason de la novelle politique de l’État visant la promotion du tourisme dans notre pays, et dans le Sud en particulier».
Il dit que les autorités locales ont facilité la tâche aux opérateurs désirant investir dans le tourisme. Toutefois, il met en avant le problème de connexion à Internet, limitée et parfois inexistante. «Pas d’Internet, pas de tourisme. Il est impossible de voyager sans Internet. Nous avons un seul opérateur, à savoir Mobilis. Nous avons contacté en vain  Algérie Télécom pour une ligne téléphonique», s’indigne-t-il.  Autre handicap, la cherté du billet d’avion. «Un billet aller-retour coûte 35.000 DA. C’est énorme pour une famille avec des enfants», se désole-t-il, non sans déplorer la dégradation avancée de la route reliant In Guezzam à Tamanrasset. Notre interlocuteur réclame une plus grande souplesse dans l’octroi des visas aux touristes.
Le directeur du tourisme, Zidani Mahdi, indique que la wilaya possède d’incontestables atouts naturels pour être une destination de choix. Et de faire part de la détermination de la Direction du tourisme d’accompagner les porteurs de projet, en leur offrant toutes les conditions de réussite.
«Nous sommes prêts à accueillir toute  demande d’investissement dans le tourisme, sans exclusion aucune, et l’étudier dans les  plus courts délais. Les opérateurs peuvent compter sur les autorités locales dans la concrétisation de leurs projets», s’engage-t-il.
Le responsable indique que l’artisanat est un secteur très diversifié regroupant 360 artisans, dont 248 à In Guezzam et 88 à Tin-Zaouaine. Cependant, il précise que ce ne sont pas tous les professionnels qui disposent  de la carte d’artisan. «Nous comptons régler le problème en collaboration avec la Chambre de l’artisanat et des métiers. Nous allons, également, solliciter des bailleurs de fonds pour accompagner les artisans en matière de formation», affirme-t-il. Pour ce qui est de la création d’agences de voyages, Zidani Mahdi mise d’abord sur la sensibilisation. Il affirme que l’apport des agences de voyages est important dans l’organisation et la promotion de l’offre touristique de la région, jusque-là peu connue. «Nous avons des trésors cachés à In Guezzam. Des sites jamais visités, à part par les gens d’ici. Ils sont à découvrir. Nous pouvons facilement être une destination privilégiée des touristes nationaux et étrangers en quête d’originalité», conclut Zidani Mahdi. A signaler que la wilaya ne dispose d’aucune agence de voyages.
Amokrane H.