Industrie à Touggourt : PME-PMI, le pari de l’avenir 

 La nouvelle wilaya de Touggourt compte plusieurs richesses naturelles qui favorisent le lancement de projets à caractère industriel. Parmi ces atouts, on citera notamment l’argile rouge, la chaux, le tuf, le gypse et le sable. Des matières propices à la fabrication de matériaux de construction.

La wilaya de Touggourt est dotée d’un foncier industriel important composé de 5 zones d’activité. Le chef-lieu de wilaya comprend une zone industrielle gérée par la société de gestion des zones industrielles (Divendis). Répartie sur 212 hectares, elle englobe des structures publiques telles que des unités de Sonatrach et Sonelgaz en plus d’unités de production. La zone d’activité  renferme des unités industrielles telles que La Mousse du Sud, El Mordjane pour la production de PVC et PHD, Rymel Plastique, spécialisée ans la fabrication de contenants en plastique, en plus dela fabrication de produits  phytosanitaires, de cosmétique, de cabines sahariennes, d’aliments pour bétail et d’autres encore.
Vu la demande importante des investisseurs en ce domaine, la direction de l’industrie et des mines a proposé la création de nouvelles zones d’activité au niveau de toutes les communes, explique le premier responsable du secteur, Hemmal Hocine. Il signale aussi que la direction a entrepris une opération d’assainissement du foncier en récupérant les parcelles allouées et qui ne sont pas exploitées, pour les reverser dans d’autres activités. En 2021, 42 concessions ont été annulées, ce qui a permis la récupération d’un total de 42,13 hectares. 33 investisseurs ont été mis en demeure, et l’assainissement se fera prochainement, ce qui permettra la récupération de nouvelles assiettes.
Hemmal souligne la création de micro-zones d’activité dont la surface varie entre 500 et 600 m2, comme celle des daïras de Hdjira et Touggourt qui sont en cours de viabilisation, destinées aux jeunes porteurs de projets ayant bénéficié de financement par le biais de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) ou de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat  (Anade). Ces zones ont pour objectif la création d’un tissu industriel composé de petites et moyennes entreprises (PME, PMI).La commission d’investissement de la wilaya de Touggourt a étudié 599 projets agréés et accordé 330 contrats d’excellence, en plus de 248 permis de construction délivrés pour des projets en cours de réalisation. Depuis la création de la nouvelle wilaya, en 2021,56 projets sont entrés en production, ce qui a permis la création de 1.617 emplois. 13 autres projets sont prévus pour 2022. Dans le cadre de la politique de facilitation de l’investissement, la wilaya a délivré 20 permis exceptionnels d’exploitation pour débloquer les projets en suspens, ce qui a permis la création de 900 emplois directs. Hemmal ajoute que la wilaya compte aussi 2 laiteries et une minoterie qui n’attendent que leurs quotas de matières premières pour en entrer en fonction et créer 812 postes d’emploi.
L’activité industrielle de la wilaya est essentiellement composée de 116 unités de production de matériaux de construction. Elle compte aussi 108 unités versées dans l’agroalimentaire et 221 autres dans la transformation et diverses  autres activités. En plus du domaine industriel, la wilaya a également enregistré plusieurs investissements dans d’autres secteurs tels que les services avec 86 projets, la santé (19), 23 dans le domaine du tourisme et 6 hypermarchés pour le secteur du commerce dont un est déjà opérationnel. Selon Hemmal, les investissements sont répartis sur les 13 communes que compte la wilaya selon leurs spécificités.
Hemmal souligne que parmi les conditions d’adjudication du foncier, il est exigé que l’investisseur soit formé dans le domaine d’activité dans lequel il projette d’exercer. Cela permet, explique-t-il, d’assurer une meilleure qualité de gestion et de performance.
De nos envoyés spéciaux : Hakim Metref et Larbi Louafi
Santé : Manque et résorption
Le secteur de la santé au niveau de la wilaya de Touggourt est en voie de développement. Les infrastructures héritées de la wilaya d’Ouargla restent insuffisantes pour satisfaire les besoins des 300.000 habitants repartis sur les 13 communes de la wilaya.
Ali Benkamla, directeur de la santé et de la population de la wilaya, affirme que Touggourt compte actuellement seulement 3 établissements publics de santé publique (EPSP),1 établissement spécialisé dans la protection maternelle et infantile (PMI), 2 établissements de sante de proximité (EPSP) et 19 polycliniques, qui totalisent 50 salles de soins. Deux établissements de santé sont en cours de réalisation avec un taux d’avancement des travaux de 90%, déclare Benkamla. Le premier, d’une capacité de240 lits, est implanté dans la daïra de Touggourt. Le second d’une capacité de 60 lits est implanté au niveau de la daïra de Temacine. Selon Benkamla, les travaux de réalisation d’un autre EPS démarreront incessamment dans la daïra de Megarine.
La commune d’El-Hadjira a été dotée, en mars 2021, d’un EPSP d’une capacité de 60 lits. Il a été équipé d’un bloc opératoire de chirurgie générale inauguré par le wali de Touggourt à l’occasion de la Journée de la victoire, le19 mars dernier. L’EPSP d’El Hadjira a également bénéficié d’un équipement d’endoscopie digestive de haute performance, qui améliore la prise en charge des malades. Un acquis important qui évite des déplacements sur de longues distances aux populations de la wilaya, affirme le Dr Djebli Mohamed. En dehors de l’endoscopie, l’EPSP d’El Hadjira compte également d’autres spécialités comme la génécologie-obstétrique, la pédiatrie, la chirurgie générale, l’orthopédie, la gastro-entérologie, la médecine interne et un service de réanimation.
Le directeur de la sante et de la population déclare que la wilaya est nouvellement créée et un grand travail reste à faire pour offrir à ses habitants une prise en charge médicale efficace. Un grand nombre de projets sont envisageables et restent tributaires des budgets qui seront alloués au secteur dans les prochaines années, souligne-t-il.
H. M.
corkarim
 
 
Le secteur sportif : Pépinière d’athlètes 
La wilaya de Touggourt a un potentiel sportif très important. Pour le sport-roi, un grand nombre de footballeurs sont issus de la wilaya et ont joué dans les grands clubs algériens, à l’image des internationaux Hacen Ghoula et Djabourabi.
Touggourt compte actuellement 4 clubs de football féminin. Plusieurs écoles ont également vu le jour au niveau des quartiers de la wilaya, dont la plus célèbre est celle du quartier des 40 Logements, connue sous le nom «L’Ecole des 40», qui a formé des joueurs et évoluent actuellement dans les clubs algériens tels que le MCA, l’ESS et le CRB. «L’Ecole des 40» a également déposé, au niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports, un dossier de partenariat avec une académie de football turque pour envoyer des joueurs en stage dans des écoles turques. «Nous attendons la confirmation du ministère», a affirmé Lazhari Bekka, le directeur de la jeunesse et des sports(DJS) de la wilaya.
A côté du football, le handball occupe également une place favorite. Pour preuve, le Club sportif de Touggourt a évolué en super-division sous la houlette d’entraîneurs nationaux tels que Lakhdar Harrouch ou Henni. L’autre discipline prisée des sportifs de Touggourt est l’athlétisme. Plusieurs athlètes ont gagné des titres nationaux, et dernièrement, l’équipe scolaire féminine d’athlétisme a décroché des titres africains. Le dernier titre en date est celui de Khaoula Kerboussa qui a emporté la seconde place au niveau national dans la discipline du 60 mètres. La pétanque est également très répandue à Touggourt et l’équipe féminine a décroché à trois reprises la Coupe d’Algérie de cette discipline et sacrée une fois championne d’Algérie.
Concernant les infrastructures sportives, la wilaya de Touggourt possède13 stades communaux dont le stade Ali-Ammar d’une capacité de 10.000 places. Un nouveau stade de 5.000 places a été inauguré par le wali Nacer Sbaâ dans la commune de Temacine, à l’occasion de la célébration de la Journée de la victoire, le 19 mars dernier. Un autre, de la même capacité, sera également bientôt mis en service dans la commune de Megarine, en plus d’un stade d’athlétisme au niveau de la wilaya, selon le DJS. La wilaya compte également4 piscines semi-olympiques et 2 piscines de proximité. Touggourt, déclare le DJS, «est équipée de près de 70 stades de proximité, mais souffre actuellement d’un manque de salles omnisports et espère bénéficier prochainement de budgets pour le lancement de ces projets.
La fantasia comme discipline
En tout, la wilaya de Touggourt compte 105 clubs sportifs dans toutes les disciplines et 19 ligues de wilaya, créées depuis la promotion de Touggourt en wilaya et 26 mars. Depuis une année, un autre club vient s’ajouter à cette longue liste. Il s’agit d‘un club de sports mécaniques. Lazhari Bekka déclare que Touggourt abrite le championnat national de moto, les 25 et 26 mars, et le 30 du même mois, le championnat national de karaté-do.
Concernant le soutien de la wilaya aux associations et clubs sportifs, le DJS déclare que «c’est la première fois que nous avons notre propre budget, ce qui nous permettra d’aider les clubs et associations en difficulté, comme le Club sportif de Touggourt de football, qui a connu des difficultés financières qui ont engendré une dette de 3 milliards de centimes».
Vu le nombre important de chevaux et cavaliers dans la wilaya de Touggourt, (312 chevaux rien que pour la daïra de Temacine), il a été décidé la création d’une ligue qui réunit les différentes associations équestres de la wilaya. Comme la wilaya ne dispose pas encore d’un hippodrome, il a été convenu d’axer sur la discipline de fantasia et la structurer dans un cadre sportif. La fantasia est très répandue dans la région d’Oued Righ. Un grand nombre d’associations, composées parfois de plus d’une vingtaine de montures, sont actives au niveau de la wilaya. Des compétitions seront organisées et regrouperont les centaines d’amateurs de la fantasia. Des compétitions pour la catégorie des jeunes cavaliers seront également introduites. La plus jeune cavalière connue n’est âgée que de 6 ans.
Lazhari Bekka affirme que l’objectif de la direction est de créer un sport équestre professionnel avec une école d’équitation pour perpétuer et développer cette discipline enracinée dans les traditions de la région. Il déclare également que des procédures sont en cours, en partenariat avec la Direction de l’agriculture et du développement rural, pour une aide en faveur des éleveurs de chevaux en matière de fourrage, mais aussi pour des prises en charge vétérinaires et notamment pour les vaccins des montures.
Structures de la jeunesse
La wilaya de Touggourt compte 28 infrastructures affiliées à la Direction de la jeunesse et des sports, dont deux maisons de jeunes dans les daïras de Touggourt et Megarine. Deux projets sont actuellement gelés, le premier dans la daïra de Taïbate, et le second dans la daïra d’El Hadjira. Par ailleurs, un projet de réalisation d’un camp de jeunesse dans la daïra de Megarine a été proposé par la DJS, souligne Lazhari Bekka.
Pour le mois de Ramadhan, le DJS annonce un programme riche au niveau des 13 communes de la wilaya de Touggourt. Il est question de concours de pétanque, de jeux d’échecs et dans d’autres disciplines. Les concours concernent plusieurs catégories de la population, telles que les enfants, les adolescents et les femmes au foyer. Pour le sport, les 19 ligues sportives de la wilaya ont un programme qui se déroulera tout au long du mois sacré, souligne le DJS de Touggourt.
H. M.
Nacer Sbaa, wali : «Nous avons des défis à relever et nous comptons le faire» 
Le wali de Touggourt, Nacer Sbaa, évoque dans cet entretien, les principaux défis que devra relever la wilaya, mais aussi les projets socio-économiques qui pourraient faire d’elle un pôle d’excellence dans des domaines divers.
Comment Touggourt vit-elle sa nouvelle situation en tant que wilaya, et comment vivez-vous cette période de transition ?
Je remercie tout d’abord le quotidien Horizons pour nous avoir donné l’occasion de parler clairement de notre nouvelle wilaya.
Touggourt est une wilaya stratégique, la décision du président de la République est basée sur des critères solides, pour permettre à ces nouvelles wilayas du sud, et à leur population, de s’épanouir et de participer pleinement à la construction et la consolidation de l’économie nationale.
J’ai eu l’occasion, en ma qualité de wali délégué à Timimoune, d’assister et de participer à la préparation de cette promotion. Je peux dire que beaucoup de projets d’investissement ont été injectés dans ces nouvelles wilayas afin de leur permettre d’avoir les moyens de développement et un bon départ qui puisse  nous permettre, à nous les gestionnaires, de travailler en toute aisance. Il y a eu une intervention dans beaucoup de secteurs, tels que l’hydraulique, l’habitat et d’autres encore.
Nous pouvons dire que la wilaya de Touggourt est plus importante que la wilaya mère qui est Ouargla. L’ancienne wilaya comptait 21 communes et 8 daïras. Le nouveau découpage a fait que sur ces 21 communes, 13 sont rattachées à la wilaya de Touggourt.  Mais les communes les plus importantes, qui sont Hassi Messaoud et El Borma, sont restées rattachées à Ouargla. Ceci prive Touggourt de rentes importantes, notamment pour les budgets de développement. J’espère que des mesures seront prises pour permettre à Touggourt de compenser ce manque à gagner sur la plan financier. Il est important de souligner que le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale a permis à la nouvelle wilaya de garder un quota sur les postes de travail à Hassi Messaoud. Ce qui permet d’absorber une partie de la demande  en emploi.
Y a-t-il dans la nouvelle wilaya de Touggourt des zones dites d’ombre et quels sont vos projets pour ces zones ?
Les zones d’ombre identifiées dans la wilaya bénéficient d’un traitement particulier pour éliminer cette appellation. Il y a la région de Dlilii, dans la commune de  Taybate, que nous avons visitée récemment. Elle a été dotée de salles de soins, d’un nouveau revêtement de la route, de nouveaux forages pour l’irrigation et nous sommes entrain de finaliser un tronçon de 11 kilomètres de route pour désenclaver cette commune. Il y a aussi une autre région dans la commune d’El Alia, relevant de la daïra d’El Hdjira, qui s’appelle Koudsi Dzioua. Etant trop éloignée pour la rattacher au réseau d’électrification, nous avons opté pour l’énergie solaire. C’est aussi une région de transhumance. Nous avons fait en sorte de sédentariser la population pour pouvoir mettre en œuvre tous les projets de développement, notamment dans l’agriculture.
Certaines communes ont récemment bénéficié de nouvelles infrastructures de santé. Quels sont les autres projets à venir pour améliorer ce secteur dans votre wilaya ?
Nous attachons une très grande importance au secteur de la santé. Nous avons hérité d’infrastructures qui sont en cours de réalisation. Nous avons mis en service, depuis plus de 8 mois, l’hôpital d’El Hdjira, qui n’a pas encore été inauguré officiellement mais où des interventions chirurgicales sont déjà pratiquées. Il est doté de 60 lits et compte 12 spécialités. Il a une équipe très solidaire et volontaire qui nous incite à plus d‘actions.
Nous avons également un hôpital de 240 lits qui se trouve dans la commune de Touggourt. Mais ce projet a enregistré un grand retard. Les travaux ont débuté en 2012 et à ce jour il n’est pas encore opérationnel. Le chantier a connu un arrêt de plus de 3 ans. En collaboration avec une entreprise chinoise, nous l’avons relancé dès que nous avons été nommés à la tête de la wilaya. Nous avons augmenté sa capacité à 320 lits. Actuellement, il est en phase finale. Il y avait un blocage des crédits de payement et des ordres de mise en service (ODS), car la gestion était confiée à la direction de la santé publique (DSP) d’Ouargla et dépend toujours de cette wilaya. Nous avons pu faire débloquer la situation.  Maintenant, nous n’attendons que les équipements hospitaliers. L’infrastructure, elle, est presque terminée, et sera inaugure normalement le 5 juillet prochain, avec l’hôpital de Temacine.
Touggourt a également un potentiel industriel très important. Elle possède une zone industrielle et plusieurs zones d’activité. Quels sont vos projets pour exploiter au mieux ce potentiel et éventuellement créer d’autres activités industrielles ?
Au vu de son tissu industriel, on peut dire que Touggourt est déjà prête à recevoir d’autres investissements. Il y a énormément de demandes d’investisseurs qui nous parviennent des autres wilayas du pays. Nous avons 16 briqueteries qui fabriquent un produit de qualité supérieure. La matière première, qui est l’argile, est disponible en grandes quantités et la brique de Touggourt est demandée même à l’étranger, en Libye et en Tunisie notamment.  Il y a trois autres en voie d’achèvement et d’après des études, nous pouvons aller jusqu’à 30 briqueteries. Il y a aussi une usine de mousse très importante qui exporte vers le Niger et le Mali.
En application des directives du président de la République relatives à l’encouragement de l’émergence de petites et moyennes entreprises, nous avons créé des micro-zones d’activité de 3 à 4 hectares qui peuvent recevoir plusieurs petites entreprises. Nous avons par exemple la micro-zone d’El Hdjira qui compte 36 lots en cours de viabilisation. Nous avons également une autre au niveau de la commune de Touggourt de 100 lots, en voie de viabilisation également. Ces zones permettront aux jeunes porteurs de projets, financés par l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) ou de l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (Anade) d’entamer leurs activités dans les plus courts délais.
L’agriculture est également un secteur important. Qu’en est-il dans votre wilaya?
Nous avons au niveau de Touggourt 263 périmètres agricoles qui totalisent une superficie de 6.256,72 hectares au profit de 9.720 bénéficiaires. Nous avons encore 5.782 demandes. Nous avons 33 périmètres réservés aux investisseurs à grandes capacités qui peuvent assurer une sécurité alimentaire et prouver que notre pays est capable de s’autosuffire. Ces périmètres sont destinés aux grandes cultures, comme le blé et l’orge. Nous avons entre Touggourt et Djelfa, une distance de 250 km qui parcourt de grandes étendues de terres fertiles avec une grande disponibilité d’eau. Le seul obstacle notable reste l’électrification agricole et les pistes. C’est un programme qui relève du ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Nous attendons seulement qu’il soit mis en œuvre.
Nous tablons énormément sur ce secteur et nous sommes décidés à laisser la terre à ceux qui la travaillent. Pour les forages agricoles, nous en délivrons presque tous les jours jusqu’à 5 autorisations et nous ne comptons pas nous arrêter.
Nous sommes dans l’obligation d’encourager l’agriculture pour ne plus recourir à l’importation. Nos avons le potentiel et nous devons le mettre en valeur par notre travail et notre volonté.
 
Il existe actuellement, au niveau de votre wilaya, une laiterie et une minoterie qui sont opérationnelles mais ne fonctionnent pas. Quelles en sont les raisons ?
Pour la minoterie, c’est une affaire de quota qui dépend d’un programme établi au niveau du ministère de l’Agriculture. C’est également le cas pour la Laiterie du Sahara. Le propriétaire, qui ne veut pas fonctionner avec un quota de 20 tonnes alloué par le ministère de l’Agriculture, réclame la totalité qui est de 80 tonnes. Nous avons discuté avec le ministère pour éventuellement augmenter la quantité de poudre afin de permettre à la laiterie d’entrer en production.
Un autre secteur, non moins important, celui de la culture, souffre d’un manque notable en infrastructures tels les théâtres, les salles de cinéma…
Vous savez que Touggourt a une grande histoire et une richesse culturelle reconnue. Nous voulons redonner à Touggourt sa splendeur culturelle en mettant en valeur son potentiel intellectuel. Touggourt est une wilaya qui compte énormément d’hommes de lettres, d’enseignants universitaires. Nous avons demandé l’ouverture d’une annexe de l’université d’Ouargla ici à Touggourt. En effectuant des recherches sur les enseignants issus de Touggourt, j’ai découvert pas moins de 120 docteurs et professeurs qui enseignent dans les universités des wilayas limitrophes telles que Ouargla, Djelfa, El Oued, Biskra, Ghardaïa, sans compter ceux qui sont dans les autres universités algériennes.
J’ai donné instruction au directeur de la culture d’ouvrir tous les lieux de culture dont dispose la wilaya, de regrouper les hommes de culture et organiser des activités culturelles. Nous envisageons un riche programme pour le mois de Ramadhan, qui sera le départ de la vie culturelle dans la wilaya de Touggourt. Nous sommes persuadés que la culture n’a pas moins de valeur que le secteur industriel ou agricole.
Il y a aussi à Touggourt une richesse patrimoniale inestimableq ui pourrait être une ressource financière importante, notamment par son exploitation dans le secteur du tourisme. Quels sont vos projets dans ce sens ?
Nous avons effectivement un patrimoine culturel très riche, notamment dans la commune de Temacine qui recèle des ksour, la zaouïa Tidjania et aussi le lac, une destination touristique très prisée. Il y a aussi la fantasia qui occupe une place importante dans les traditions de la région et nous avons discuté avec les personnes qui pratiquent cette discipline afin de connaître leurs doléances et leurs besoins. Nous envisageons de les soutenir et leur offrir les conditions favorables pour perpétuer cette tradition ancestrale. Nous avons deux zones d’extension touristique(ZET) à Temacine et Touggourt et nous voulons les confier à des compétences qui peuvent les valoriser et en faire des pôles touristiques par excellence.
Il existe à Temacine un canal dans lequel se déversent des eaux usées. Comment comptez-vous remédier à ce problème ?
Le canal de l’oued Righ est, à l’origine, conçu pour drainer les eaux d’irrigation. Il va de Goug jusqu’à El Meghaïeyer. Il a une longueur de 150 kilomètres dont 65 traversent la wilaya de Touggourt. Au fil du temps, il était élargi jusqu’à devenir un oued. Malheureusement, il reçoit les évacuations d’eaux usées. Nous avons l’intention de créer une station d’épuration de ces eaux usées avant qu’elles se déversent dans le canal. L’épuration se fera avec un procédé traditionnel par le biais de plantes qui absorbent les produit polluants et qui au final donnera une eau propre à 90%,qui pourra servir à l’irrigation des terres agricoles.
Des jeunes que nous avons rencontrés devant le siège de la wilaya nous ont fait part de leurs revendications qui sont essentiellement liées à l’emploi. Qu’en est-il de ce secteur ?
L’emploi est un de nos soucis majeurs en tant que responsables. Le problème est que la majorité des demandeurs d’emploi veulent travailler à Hassi Messaoud. Nous avons des projets en cours de réalisation, notamment à travers les micro-zones d’activité, qui pourront satisfaire un grand nombre de demandes d’emploi. Si les gens veulent vraiment travailler, il y aura de l’emploi dans divers secteurs et pas uniquement à Hassi Messaoud.
Nous sommes une jeune wilaya, nous avons encore des manques en infrastructures, certaines directions n’ont même pas de siège, mais cela ne nous empêche pas de travailler et d’aller de l’avant. Nous avons des projets à concrétiser et des défis que nous comptons relever.
H. M.