Industrie : Nécessité d’une législation pérenne

Sur les 915 projets d’investissement en instance de lancement, 854 ont bénéficié d’une levée des obstacles, selon le communiqué du dernier Conseil des ministres. Le président de la République accorde une priorité au secteur industriel du fait des possibilités qu’il offre en matière de création d’emplois.

Il faut savoir que l’industrie vient en tête des secteurs pourvoyeurs d’emplois, avec 31% du total des offres d’emploi publiées sur Emploitic.com, suivi par les services, le commerce et la distribution avec respectivement 25 et 14% de l’ensemble des opportunités affichées. Le Président a ordonné, lors dudit Conseil des ministres, la récupération du foncier non exploité pour l’octroyer aux véritables investisseurs et la mise en place d’une réglementation stricte pour bénéficier de la concession du foncier industriel et agricole.
De l’avis du président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Mezghenna d’Alger, le secteur industriel a besoin d’un climat favorable qui offre aux entreprises des possibilités et des raisons de réaliser des investissements productifs, de créer des emplois et de se développer.
«Les projets industriels ont besoin d’assurer une certaine rentabilité à long terme, c’est la raison pour laquelle il est important de revoir les indicateurs globaux du dispositif juridique», explique M’hamed Zeghba. Et pour booster les investissements, il plaide pour  la mise en place d’une législation pérenne et non temporaire, comme cela avait été le cas jusque-là.
Pour rappel, l’importance d’une législation stable et pérenne avait été soulignée par le président Tebboune l’année dernière, qui avait instruit tous les cadres concernés par la loi sur les investissements à garantir une durée d’au moins 10 ans pour ces textes. «Je n’accepterai aucun changement, notamment s’il n’est pas dans l’intérêt de l’investissement», avait déclaré le chef de l’Etat. En plus du problème de la loi sur les investissements qui a toujours été modifiée après une courte période de sa promulgation, Zeghba évoque «l’intérêt d’avoir un commerce extérieur libre pour alimenter les projets industriels et relancer la dynamique économique». «La notion d’attractivité du capital privé s’attache à la capacité du secteur industriel à assurer un climat de confiance et une stabilité juridique à même de pousser les investisseurs à pérenniser leurs installations», note-t-il. Le président de la CCI d’Alger salue, toutefois, l’instruction du chef de l’Etat concernant la récupération du foncier industriel non exploité. «La CCI est favorable à la récupération des assiettes foncières non exploitées, d’autant plus qu’il y a eu un certain abus dans la distribution de ces parcelles», souligne-t-il. Et de poursuivre :  «Nous avons aujourd’hui besoin d’assainir ce secteur, sachant qu’il existe une forte demande dans certaines zones. Le but de cette récupération doit, selon lui, rentrer dans le cadre du réinvestissement de ces terrains à travers de nouveaux projets industriels pour répondre aux besoins économiques du pays.»
A noter que plus de 1.200 ha de foncier industriel représentant 3.000 lots ont été récupérés, selon le ministre de l’Industrie.
Assia Boucetta