International : Le déploiement approuvé

Le 5 juin dernier, le Conseil des ministres a avalisé la stratégie d’ouverture d’agences bancaires à l’étranger, notamment dans les pays africains, comme le souligne le communiqué final de la réunion.
Désormais, le projet de déploiement du réseau bancaire à l’international, tant attendu par l’outil national de production, prend corps dans la réalité et concrétise l’un des objectifs contenus dans l’engagement du président de la République visant à relancer l’économie nationale en lui assurant des débouchés à l’international.
En effet, la réforme contenue dans son programme de campagne présidentielle et réitérée à l’occasion de la tenue de la conférence nationale sur le nouveau plan de relance économique, les 18 et 19 août 2020, prend forme d’un projet avec des délais et des objectifs définis, suivant une stratégie, dont les contours sont énoncés dans le plan d’action du gouvernement approuvé par le Parlement. Dans ce registre, le 18 mai dernier, le ministre des Finances a présenté une communication lors d’une réunion de gouvernement sur l’état d’avancement du projet d’ouverture des agences bancaires à l’étranger. Il en ressort que «ce projet s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action du Gouvernement, notamment dans les volets relatifs à l’accompagnement des opérateurs économiques, à l’orientation des flux des échanges commerciaux ainsi qu’à la bancarisation de l’épargne des Algériens résidant à l’étranger».
Dans ce sens et plus concrètement, le ministre des Finances a indiqué que «trois banques publiques, à savoir la Banque nationale d’Algérie (BNA), le Crédit populaire d’Algérie (CPA) et la Banque extérieure d’Algérie (BEA), prévoient l’implantation de filiales au niveau de plusieurs pays africains». Tout en soulignant que «la BEA a également engagé des démarches pour l’ouverture d’un bureau de sa filiale BEA Internationale en France afin de répondre aux préoccupations soulevées par notre communauté nationale établie dans ce pays». Un ambitieux projet et un outil qui permettra à l’économie algérienne, selon le Premier ministre, de rayonner à une plus grande échelle, particulièrement sur le continent africain qui représente non seulement un important débouché pour les exportations des produits
nationaux, mais aussi une opportunité d’investissement hors frontières.
Loin des slogans creux et des projections sans délai fixé, la concrétisation de la stratégie approuvée par le Conseil des ministres est déjà palpable et l’on prévoit de mettre en œuvre la première phase du projet d’ouverture des banques à l’international qui sera achevée d’ici la fin de l’année.
Cette stratégie n’est qu’un axe d’une grande réforme afin de doter le pays d’un secteur bancaire à la hauteur des potentialités existantes et des ambitions affichées par les pouvoirs publics pour relancer l’économie, dont la banque est l’un des acteurs principaux. Une réforme basée sur la modernisation, l’attractivité et la professionnalisation des différents réseaux qui le constituent et le déploiement vers l’international. Le processus est donc lancé.
Amirouche Lebbal