Journée d’information sur la vaccination : Consolidation des acquis en Algérie

Les intervenants à une journée de formation et d’information organisée, ce mardi à Alger, par l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) au profit des médias nationaux à l’occasion de la Semaine mondiale de la vaccination ont affirmé que l’Algérie a réalisé des progrès importants au volet de la vaccination.

Pour eux, cette dernière reste le moyen le plus efficace pour lutter contre les maladies, notamment celles transmissibles. Dans sa communication, le Pr Leïla Smati-Bourtel, cheffe du service pneumologie et endoscopie bronchique pédiatrique à l’EPH de Baïnem (Alger), s’est étalée sur le programme national de vaccination devenu obligatoire depuis 1969 contre onze maladies. Le droit à la prévention est consacré par la Constitution de 2016 et consolidé dans la loi sanitaire en 2018. Elle a rappelé que l’Etat assure la prévention et la lutte contre les maladies endémiques et épidémiques. Pour lutter contre les maladies transmissibles, les pouvoirs publics doivent mobiliser des ressources financières conséquentes pour garantir un accès équitable aux soins. Pour elle, l’intégration de la vaccination aux activités de soins de santé primaires est un élément fondamental de la politique de santé. Pour un suivi complet, la vaccination est assurée par 7.000 structures sanitaires publiques et privées. La formatrice a rappelé qu’en 2019, la mortalité infantile est de 21 sur 1.000 naissances vivantes, une diminution de 1,6 point par an. «Les vaccins stimulent le système immunitaire des jeunes enfants contre les agents pathogènes (virus et bactéries)»,a-t-elle expliqué. Et d’ajouter que «nous avons besoins d’évaluer, de former et de mettre à niveau tous les personnels et acteurs concernés par ce dossier».
La praticienne a affirmé que la plupart des décès pourront être évitables en ayant les moyens financiers nécessaires pour prendre en charge les femmes et les enfants. En 2020, quelque 5 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans sont décédés.
De son côté, le directeur général de l’IPA, le Dr Fawzi Derrar, a mis l’accent sur la nécessité de consolider les acquis réalisés par l’Algérie. «La vaccination est un acquis historique. L’influence des antivax est clairement remarquée et remarquable lors des campagnes de vaccination contre la Covid-19, puisqu’il y a eu beaucoup de réticences sur sa réelle efficacité et les potentiels effets secondaires qu’elle peut engendrer», a-t-il dit. Il a, par ailleurs, indiqué que la vaccination est mieux acceptée quand elle est recommandée par le médecin de famille, chose malheureusement que l’Algérie n’a pas. Pour sa part, le Pr Hassiba Tali-Maâmar, spécialiste en microbiologie à l’IPA, a souligné que l’Algérie est toujours dans une logique d’éradication des maladies émergentes et réémergentes, des maladies contrôlées par la vaccination. L’éradication de la variole est un acquis et un immense succès, puisqu’elle a sauvé des millions de personnes dans le monde.
Samira Belabed