Journée internationale de l’enfance : Le droit de rêver

L’enfance. Cette douce époque que les plus grands emportent un peu dans leur vie future. Pour adoucir leurs vieux jours. Dans laquelle ils retombent, par regrets, par nostalgie, par amour. Pour ne pas avoir à affronter le pire, la douleur, l’inconnu qui arrivent sans prévenir. L’enfance, cette belle insouciance, cette innocence, cette rêverie à l’infini… Aujourd’hui, les enfants sont adultes avant l’heure. Ils sont confrontés à la famine, à la guerre, au déracinement, aux maltraitances, au crime, à la drogue, aux maladies, aux enlèvements… De par le monde, des images crèvent les écrans, sont relayés sur les réseaux sociaux, émeuvent, choquent… Des êtres fragiles, vulnérables, sans défense qui écopent des fautes d’adultes qui oublient souvent que ces enfants ont besoin d’être pris en charge, éduqués, aimés, choyés, protégés et défendus. Pourtant que de conventions, que de lois, que de réglementations internationales, décrétées et signées mais sans suite. L’Algérie, qui a ratifié très tôt ces textes de loi, tend, depuis toujours, à prendre en compte la vie de l’enfant : droit à la scolarisation, à la santé, à l’éducation, à la culture, aux petits menus et élémentaires besoins d’une vie décente. Une tranche de la vie prise en compte par les pouvoirs publics qui s’appuient sur des textes mis en avant et renforcés pour mettre le holà aux dépassements, aux agressions, aux manques dont l’enfance est victime. Associations, école, justice, corps constitués et société prêtent leurs voix et leur appui à l’Etat qui a décidé de sévir à l’encontre de ceux qui s’en prennent à la quiétude de ces enfants nés pour être heureux. Aussi le 1er juin qui célèbre la Journée internationale de l’enfance ne devrait pas servir que de prétexte et de symbole à un engagement censé être pour la vie.

L’enfant est un être fragile. Il dépend de l’adulte pour son bien-être. Et c’est là où intervient la responsabilité des Etats pour la prise en charge de cette frange de la société. En effet, des droits universels ont été décrétés au profit de l’enfance mais leur application fait malheureusement souvent défaut. La cause : les conséquences des situations économiques critiques et des instabilités politiques dont les premières victimes sont justement les enfants.

Dans notre pays, le constat n’est pas du tout sombre. Nul ne peut nier les efforts accomplis pour que le petit «Algérien» soit épanoui, que ce soit dans sa scolarité, dans sa santé ou dans son milieu social. L’Etat n’a jamais considéré l’enfance comme une sous catégorie. En dépit de toutes les circonstances, l’Algérie priorise encore et toujours la prospérité et le développement de l’enfant. Preuve en est, le renforcement de la législation dans ce sens et la mise en place des services d’aide et des nombreuses institutions spécialisées dans la réintégration et la protection spécifique des enfants notamment en cas de déchéance de l’autorité parentale.

D’ailleurs de nombreuses ONG ont confirmé les progrès entrepris par notre pays dans ce domaine à plusieurs niveaux. La présidente de l’Organe national de la protection et de la promotion de l’enfance n’a eu cesse d’ailleurs de mettre en avant les décisions visant à garantir les droits des enfants et ce en intégrant plusieurs recommandations dans le rapport en phase de préparation par cette structure. Ce document vise à permettre aux différents intervenants et acteurs de la protection de l’enfance de prendre connaissance des développements juridiques engagés par l’Etat. La déléguée nationale de l’enfance a regretté toutefois le fait que des enfants soient toujours violentés ou exploités. D’où son appel à intensifier les actions communes afin d’assurer une coordination permanente entre les secteurs concernés et la société civile.

Le chef de l’Etat insiste lui aussi à chaque occasion sur l’importance d’offrir aux enfants l’attention qu’ils méritent. Il avait annoncé, à l’occasion, la prise en charge gratuite de 373 enfants atteints de phénylcétonurie et d’immunodéficience parmi les nouveau-nés à travers 18 wilayas. Le gouvernement, par la voix du Premier ministre, insiste pour valoriser également les compétences des enfants en leur offrant de meilleures perspectives. Le but : leur assurer un avenir radieux et une vie pleine d’espoir et d’ambition. En effet, l’enfance est une époque qui marque chaque individu. Si certains veulent la revivre, d’autres, par contre, souhaitent l’oublier car elle implique pour eux beaucoup de souffrances et de traumatismes … indélébiles.

Karima Alloun