Journée internationale des droits de l’homme : Les engagements résolus de l’Algérie

La sensible question des droits de l’homme a fait son irruption dans le débat public au milieu des années 1980 du siècle dernier. Bien avant l’avènement du pluralisme politique, deux ligues s’étaient alors constituées dans un contexte assez tendu. Auparavant, les droits de l’homme, c’était d’abord manger à sa faim, travailler et être protégé de l’exploitation. Cette conception était celle des régimes à parti unique. Depuis, la vieille querelle entre ceux qui restreignent les droits au côté social et ceux qui proclament que, sans le respect des droits politiques, les premiers n’auraient pas de sens, persiste toujours.

Si avec le développement des moyens de communication, il est devenu difficile de bâillonner les peuples, la notion des droits de l’homme s’est pervertie. Elle a fini par devenir aussi une arme pour nuire aux gouvernements et un instrument de déstabilisation et de pression. Une sorte de deux poids, deux mesures qui a fini par jeter de l’ombre voire de la suspicion sur une noble cause.
L’Algérie, outre la poursuite de la réalisation de son programme de développement qui donne un contenu concret aux droits de l’homme, a signé de nombreux traités régionaux ou internationaux qui confortent notamment le respect des enfants et des femmes, segments les plus vulnérables au sein de la société. Dans le dossier que nous publions, des hommes engagés dans ce combat rappellent les conquêtes qui révèlent l’ampleur et l’importance des changements.
Une Algérie en profonde mutation
La célébration de la Journée internationale des droits de l’homme incite à rappeler, s’agissant de notre pays, que la Déclaration du 1er Novembre 1954 inscrivait déjà l’Etat algérien restauré, dès la définition des buts de la guerre de Libération nationale, dans le sillage du respect des droits humains. Les dirigeants de la Révolution ont, en effet, clairement défini l’Etat algérien comme «démocratique et social», engagé dans «le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions».
Rien de plus naturel, en fait, quand on sait les souffrances que le système colonial faisait subir au peuple algérien à travers ses lois ségrégationnistes et ses pratiques iniques. A l’indépendance, l’Etat algérien a poursuivi la lutte contre l’oppression des peuples par le colonialisme et l’impérialisme, tandis que sur le plan interne, il s’est attelé à concrétiser les droits fondamentaux à l’enseignement, à la santé, au travail, à la pratique religieuse, sans distinction de sexe ou catégorielle. L’Etat algérien a aussi ratifié de nombreux pactes et conventions relatifs aux droits humains, à l’instar du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, la Convention contre la torture, celle portant élimination de toutes les formes de discriminations raciale, ou portant droit de l’enfant, des personnes handicapées et travailleurs migrants, etc. L’ouverture du champ politique et la liberté d’opinion, avec son corollaire la liberté de la presse, sont, dès la fin des années 1980, devenues réalité dans une Algérie en profonde mutation. Des syndicats libres, des ligues de droits de l’homme et un organisme étatique des droits de l’homme, ainsi qu’un médiateur de la République font aussi partie du paysage. Ce processus de transformation ouvrant grande la voie à une citoyenneté pourvue de droits ne s’est pas déroulé de manière rectiligne et sans anicroche. Ce qui attire souvent à l’Algérie de véritables campagnes de dénigrement, à une guerre médiatique pour fragiliser son front intérieur et l’amener à des concessions au profit de puissances rivales. L’Algérie a ainsi subi des attaques sur le traitement des migrants subsahariens sur son territoire, sur la liberté religieuse pour avoir restreint l’activité d’une secte ou fermé un lieu de culte chrétien non conforme à la loi. La Constitution de 2020 stipule que le peuple algérien reste attaché aux droits de l’homme tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et aux traités que l’Algérie a ratifiés. Egalement, dans sa prestation de serment, le président de la République jure de protéger les libertés et droits fondamentaux de l’homme et du citoyen. C’est dire que le plus grand défi auquel l’Algérie est confrontée est d’appliquer dans l’esprit et la lettre tout son arsenal juridique qui défend ces droits qui sont aujourd’hui l’aune qui mesure la respectabilité d’un pays.
Ouali Mouterfi