Journée internationale des forêts : Planter c’est bien, entretenir c’est mieux

L’arbre, comme l’eau, est un symbole de  la vie. Ce n’est pas un hasard si le choix de le célébrer coïncide avec le 21 mars qui inaugure la saison de la floraison et du bourgeonnement. En Algérie, les superficies forestières se sont rétrécies. Chaque année, des milliers d’hectares disparaissent à cause surtout des incendies. L’été dernier, ils étaient catastrophiques. Pour limiter les dégâts et faire régénérer la faune et la flore, il faut planter et reboiser. Dans le dossier que nous présentons, on rappelle d’une part l’ampleur des dégâts sur les forêts, notamment à Blida et Tizi-Ouzou, et on s’attarde sur le barrage vert qui reste une grande réalisation. Des experts nous parlent aussi de l’importance du reboisement qui doit répondre à des exigences et concerner  tout le monde. En premier lieu, les associations à qui nous donnons aussi la parole.

Le couvert végétal se réduit comme peau de chagrin d’une année à l’autre en Algérie et ailleurs. La récurrence et l’intensité des feux de forêt, conséquence du réchauffement climatique, imposent la mise en œuvre d’une stratégie globale et inclusive pour protéger ce qui en reste et faire régénérer les superficies dévastées.  Le reboisement se pose ici comme l’une des solutions pour la sauvegarde des forêts.
Concernant les incendies de forêt qui ont touché plusieurs régions du pays en août 2021, un bilan macabre y a été établi.  Les sinistres  ont ravagé plus de 89.000 ha dans 35 wilayas du Nord, faisant des dizaines de morts, brûlés vifs. Des familles se sont retrouvées sans domicile. Une vaste campagne de reboisement a débuté en octobre de la même année, laquelle prendra fin durant le mois en cours, notamment dans les régions les plus affectées par ce désastre. «Chaque année, des opérations de reboisement sont menées à travers le pays, surtout dans les endroits touchés par les incendies. Les forêts participent grandement  à la réduction du dioxyde de carbone dans l’air. Par conséquent, la reforestation vise dans ce cas à multiplier le nombre d’arbres pour dépolluer l’air», soutient la directrice de la protection de la faune et la flore à la Direction générale des forêts (DGF), Ilhem Kabouya.
Elle a, dans ce sens, insisté sur la nécessité du reboisement et son importance dans la réparation du patrimoine forestier. «Le monde ne serait pas le même sans les arbres et  les végétaux.  Ils sont vitaux  pour les humains et les animaux et maintiennent l’équilibre du cycle de vie sur notre planète», a affirmé d’emblée Mme Kabouya.
L’été dernier a été pour le moins qu’on puisse dire exceptionnel. Des feux de forêt se sont déclarés dans différents pays : la  Turquie, la Grèce, l’Italie… Selon des études internationales, le bassin méditerranéen deviendra un point chaud du réchauffement climatique dans les prochaines années. «Le manque de précipitations de ces dernières années ont  rendu le couvert végétal inflammable.  Il est question  également des conséquences du  dérèglement climatique. L’augmentation de la température de la Terre cause des perturbations climatiques en Méditerranée et dans d’autres régions», a expliqué la responsable.
Selon elle, les forêts constituent l’habitat de milliers d’espèces animales. «La déforestation, quelles que soient ses raisons, a accentué la baisse du nombre d’animaux qui perdent de plus en plus leur territoire et nourriture. En réhabilitant les superficies incendiées, on aura un développement de la biodiversité et les animaux reviendront dans leur habitat naturel», a relevé Mme Kabouya.
D’autres conséquences sont à déplorer. On cite l’érosion des sols, la hausse des températures dans les villes, l’augmentation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre, la perte des eaux pluviales que les végétaux emmagasinent. «La reforestation limite ces effets dévastateurs sur la nature et l’homme», a-t-elle encore ajouté.
Par ailleurs, Mme Kabouya a mis en exergue l’implication des populations dans la protection des forêts, notamment les riverains et les exploitants des espaces sylvestres. «Le désherbage autour des forêts est essentiel pour empêcher les feux de se propager», a-t-elle estimé. Les incendies de forêt seront davantage dévastateurs si rien n’est fait pour sauvegarder le patrimoine sylvestre. La vigilance est de mise.
Karima Dehiles