Journée mondiale du bénévolat : Touiza, l’entraide algérienne célébrée

La Touiza, tradition algérienne de partage et d’entraide ancestrale, «devrait être classée patrimoine immatériel de l’humanité ». C’est ce qu’a déclaré, ce dimanche, la ministre de la Culture et des Arts, Wafa Chaâlal, lors de la célébration de la Journée mondiale du bénévolat au Palais de la culture Moufdi-Zakaria (Alger).

Cette journée a été instituée en 1985 par l’Organisation des Nations unies (ONU) «afin de rendre hommage à tous les bénévoles du monde qui œuvrent pour le bien de la société et d’autrui sans aucune contrepartie», rappelle la ministre dans son allocution. C’est dans cet esprit que le ministère de la Culture et des Arts a décidé de la célébrer à son tour, à partir de cette année, et «d’en faire une tradition». Concernant la touiza, elle a insisté sur la nécessité de «préserver et promouvoir notre héritage culturel», tout en soulignant l’importance de «perpétuer cette tradition pour les futures générations».
La Touiza consiste en une tradition d’entraide que cela soit pour une personne en particulier ou pour toute une communauté. Existant en Algérie sous diverses formes, elle peut se faire sous la forme d’un repas à partager, de dons pécuniaires ou encore d’une solidarité active. Jeunes et moins jeunes, hommes et femmes sont partie prenante de ce dynamisme qui est perpétué dans différentes régions du pays. Ils ont été conviés à l’événement afin de présenter leurs actions et associations caritatives dans différents stands que les visiteurs ont pu découvrir. Wafa Chaâlal a inauguré ces stands en présence du ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, de représentants du gouvernement et de la société civile.
Parmi les associations présentes, l’Association culturelle Mouloud Feraoun, présidée par Mokrane Nessah. «Créée en 1989, elle active dans les domaines culturel, environnemental, de la jeunesse et sportif, tout au long de l’année», informe-t-il. Parmi ses actions, il énumère notamment l’aide apportée à la population lors de la pandémie du coronavirus et des incendies qui ont ravagé la Kabylie et plus récemment lors des dernières intempéries où deux familles ont été relogées.
Bab Leyla est une épicerie fine avec un concept inédit. Elle ouvre ses portes gratuitement le premier mois de l’année aux artisans et artisanes «afin de leur permettre de faire connaître leurs produits provenant des 58 wilayas du pays ». Se chargeant du marketing, de la commercialisation et de la livraison, Leila, la gérante, permet aux artisans qui n’ont pas de local «d’avoir une meilleure visibilité à travers tout le territoire national». Alliant modernité et tradition, les produits et mets proposés ravissent tous les visiteurs.
Une association de Ghardaïa, Touiza, active dans la maintenance et la préservation des foggaras de la région. Système d’irrigation ancestral, il nécessite une attention particulière car faisant partie du patrimoine du Sud.
Des interventions d’experts en sociologie et culture ont permis aux participants d’en savoir plus sur la Touiza, ses formes à travers le pays et les traditions qui gravitent autour. Elles aideront à constituer à l’avenir un dossier solide afin de montrer toute l’étendue de ce patrimoine immatériel à travers les générations.
Sarra Chaoui