Journée nationale de l’artiste : Le cinéaste Ahmed Rachedi rend hommage à René Vautier

Le forum du quotidien El Moudjahid a reçu, ce mercredi, le cinéaste algérien Ahmed Rachedi, conseiller auprès du président de la République, chargé de la culture et de l’audiovisuel.

Intervenu à l’occasion de cette rencontre, organisée par l’association Machâal Echahid, en marge de la célébration de la Journée nationale de l’artiste, Rachedi a appelé à la formation de techniciens spécialisés pour la sauvegarde des films et de la mémoire. Selon lui, les films historiques sont les témoins de la Révolution algérienne. «Les Français ont toujours voulu étouffer la Révolution algérienne, en publiant à l’époque de fausses informations et sont même allés jusqu’à publier un faux journal et monté des films qui nient l’existence d’une révolution», a-t-il souligné. Le conseiller du Président a rappelé que durant l’ère coloniale, plusieurs auteurs et journalistes étrangers ont fini par découvrir la vérité sur la Révolution algérienne et ont reconnu la lutte et la résistance du peuple algérien face au colonialisme français. Il évoque, dans ce contexte, le cinéaste français et militant anticolonialiste René Vautier, qui n’a pas caché son engagement pour la cause algérienne à travers ses films en faveur de la guerre de Libération et le combat des Algériens pour l’indépendance. «Cet homme a utilisé sa caméra pour raconter la Révolution de 1954 contre l’occupation française», relève-t-il. Selon lui, René Vautier a réalisé en 1950 «Afrique 50», premier film anticolonialiste français diffusé clandestinement. Au déclenchement de la guerre de Libération, il sort «Une nation, l’Algérie», un film consacré à l’histoire de la conquête de l’Algérie par les forces coloniales qui sera interdit et vaudra au cinéaste une condamnation pour atteinte à la sûreté intérieure de la France. Selon le conférencier, en 1962, René Vautier est revenu en Algérie pour créer le Centre audiovisuel d’Alger, une structure destinée à former les futurs cinéastes et techniciens de l’Algérie indépendante qu’il dirigera jusqu’à son départ en 1966.En 1972, son film «Avoir vingt ans dans les Aurès» obtient le Prix international de la critique du Festival de Cannes. En reconnaissance à son parcours de cinéaste militant et engagé en faveur de la cause algérienne, Ahmed Rachedi lui a rendu hommage, en souvenir d’une collaboration qui les a unis. «Nous avons appris à faire l’essentiel, c’est-à-dire à manipuler une caméra comme arme de combat contre les Français pour dénoncer certains agissements et répandre la vérité au monde», note l’intervenant. «La caméra est la mémoire la plus vive et la plus parlante», ajoute-t-il.
De son côté, Salim Aggar, directeur général d’AL24 News et ancien directeur de la Cinémathèque algérienne, a indiqué que plusieurs bobines de films historiques ont été récupérées. «La partie la plus importante se trouve à la Bibliothèque nationale, mais il faut consacrer à ces bobines des bunkers pour les maintenir et les sauvegarder, et éviter qu’elles ne finissent comme celles stockées à Blida et à Bejaïa à cause de l’humidité», recommande-t-il. «Plusieurs bobines de 16 mm sont encore en bon état, mais le problème réside dans l’absence de matériel de numérisation, bien qu’un budget ait été alloué pour leur sauvegarde», fait-il savoir.
Rym Harhoura