Kaaboub Abderahim gérant, de «House of Burgers» : La générosité dans le sang

Les restos de la Rahma offrent des repas chauds, riches et variés aux personnes démunies et aux voyageurs de passage. Le restaurant «House of Burgers» s’inscrit pleinement dans cette noble tradition, depuis 2010. Situé rue Mohamed-Garidi (Kouba) cet établissement luxueux se transforme en restaurant de la rahma durant le mois de Ramadhan.

Kaaboub Abderrahim, son gérant bienfaiteur qui a eu l’idée d’ouvrir un restaurant de la rahma en 2010, rappelle le rôle important du Croissant-rouge algérien. «Pour un ex-réparateur automobile que j’étais, il m’a été difficile de m’engager dans la restauration», dit-il. «L’ouverture du restaurant de la rahma est désormais  dans le sang. J’ai toujours su rester fidèle à cette action malgré que cela me demande beaucoup d’efforts.
En cuisine et en salle, une dizaine de bénévoles s’activent. Ils accomplissent un travail de fourmi. Qui pour servir la chorba, qui pour servir le deuxième plat et les desserts.  Pas une minute  à perdre. Ils commencent le travail à 18 heures. Au même  temps, le gérant  est chargé de préparer les «bouraks» à la viande.   Il veut qu’ils soient  consommés en entrée chaude.
19H30, l’heure de l’iftar approche à grands pas. Les jeûneurs sont déjà là regroupés devant la porte: «Il y a des jeunes, des personnes âgées qui ne peuvent surtout pas s’offrir un repas de Ramadhan pour être loin de chez sois ou en raison du prix élevés.  Nous accueillons aussi  des voyageurs et chauffeurs de taxi inter-wilayas, notamment ceux d’Oran et de Mostaganem».  Les bonnes odeurs s’échappent des marmites. Hum… Ça sent bon!  L´on retrouve bien entendu l’incontournable  chorba, accompagnée  d’une salade  macédoine. En plat  principal, du poulet en sauce piquante (Chtitha djedj) est servi,  en plus  du Tajine d’agneau aux pruneaux (Lham l’Ahlou) et un dessert.
A moins de 10 minutes de l’appel à la prière d’el Maghreb,  les jeûneurs sont invités  à entrer.  Une petite bousculade, mais tout fini par rentrer dans l’ordre.  Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de trouver de place, un deuxième service et prévu. En tout, le restaurant  sert  chaque jour jusqu’à 180  repas complets, dont certains à emporter.
«Je suis de Bordj Bou Arréridj. Je travaille  dans un chantier. Ce restaurant est un luxe et son  personnel chaleureux!  Nous sommes bien gâtés», confie-t-il. Son ami qui travaille dans le même chantier ajoute que «les repas servis  sont d’excellente qualité».
Un autre jeûneur, fonctionnaire dans un établissement, souligne «surtout le bon accueil et les menus  très variés»,  lance-t-il  d’un ton satisfait.
Hamiche Amokrane