Kamel Kheffache, économiste : «La production locale est de bonne qualité»

Dans cet entretien, l’économiste et consultant Kamel Kheffache appelle à la relance du textile et de la confection made in Algeria au motif qu’il s’agit d’un secteur pourvoyeur d’emploi et créateur de richesse.

L’habillement de production locale n’est pas trop présent sur le marché. Quelle en sont les raisons?
Le secteur du textile en Algérie n’est plus celui des années 80. Après l’ouverture à l’économie de marché, il y a eu ouverture à l’importation de l’habillement et, depuis, la production nationale est restée timide par rapport à la demande de nos concitoyens. Aussi, le comportement des Algériens a changé, ils ont tendance à se rabattre sur les produits d’importation.
Pourquoi les entreprises nationales du textile n’arrivent-elles pas à émerger ?
Il y a un manque d’agressivité sur le plan marketing et commercial alors qu’on sait que le peu d’entreprises nationales qui font de la production ont des produits de qualité. Néanmoins, il existe des insuffisances par rapport à la présentation du produit, à la finition peut être aussi, aux modèles de vêtements fabriqués et confectionnés.
Comment faire pour améliorer la situation du secteur du textile?
Il faut qu’il y ait un encouragement de la part des pouvoirs publics, notamment à travers des avantages fiscaux, pour permettre une meilleure émergence du secteur. Le secteur public doit renforcer ses unités de production. Il faut avoir des équipements modernes pour une meilleure productivité, il faut fabriquer des produits de qualité au moindre coût. Tout comme il y a nécessité de développer l’aspect marketing et la compétitivité qui doit être soutenue par les pouvoirs publics.
Le textile est un secteur porteur…
Il est pourvoyeur d’emploi et de créateur de richesse. Cela permet de développer aussi d’autres petits métiers, tels le tissage et le filtrage. Nous avons des ateliers, nous avons des stylistes, nous avons des écoles de formation… ce qui veut dire que nous pouvons accompagner ce secteur.
Quid des partenariats avec les étrangers ?
Je pense que le partenariat dans ce domaine n’est pas stratégique, car les Algériens connaissent le métier et peuvent relever le défi.
Il y a aussi la formation…
Il faut faire de la formation et il y a nécessité d’impliquer plusieurs secteurs. Nous avons aussi des familles qui ont un savoir-faire dans le domaine, qui ont préservé le métier qui a été transmis de père en fils, et qu’il convient d’encourager. Dans ce cadre, il est à rappeler que l’Etat a mis en place  des dispositifs pour la création d’entreprises, à l’instar de l’Angem. Il y a nécessité de les encadrer et d’encourager le travail de sous-traitance à domicile, spécialisés dans plusieurs petits métiers, tels la découpe ou la couture. En somme, il faut développer la filière textile depuis la matière première. Il faut aussi élaborer une stratégie de développement sur 10 à 15 ans.
Entretien réalisé par Fatma Zohra Hakem