Kamel Khefache, expert en développement économique et social: «Les auto-entrepreneurs doivent se former»

Propos recueillis  par Fatma-Zohra Hakem

Dans cet entretien, Kamel Khefache, expert en développement économique et social, plaide surtout pour la formation afin de mieux accompagner et conseiller les porteurs de projets.
Qu’est-ce qui motive l’auto-entrepreneuriat dans notre pays ?
C’est une conséquence de la baisse de l’offre nationale d’emplois. Il n’y a pas beaucoup d’opportunités pour répondre à la demande d’emplois qui reste importante. Et face à cette baisse de l’employabilité, un diplômé de l’université ou d’un centre de formation se dit que la seule alternative est de créer sa propre entreprise. Ces dernières années, avec la naissance des start-up, ingénieurs et informaticiens se lancent le défi car avec l’émergence des réseaux sociaux, nos jeunes sont informés de ce qui se passe ailleurs et font de la veille technologique. Cela leur permet d’avoir une culture entrepreneuriale pouvant les pousser à créer leur propre entreprise.
L’auto-entrepreneuriat requiert-il des conditions pour sa réussite ?
Il faut avoir d’abord une formation de base et se former dans d’autres domaines avant de se lancer dans la création d’une entreprise. Autrement dit, quelle que soit la formation de base du porteur de projet, agronome, informaticien ou diplômé en sciences de la mer, il a besoin de formation dans le domaine de la gestion, du marketing, la conception de produits, le business plan et l’élaboration de la stratégie d’entreprise. Même si ce n’est pas au porteur de projet de concevoir sa propre stratégie. Il lui faut, cependant, des notions et une formation en présentiel ou à distance sur la stratégie d’entreprise. Et l’autoformation permet de se forger et de monter sa propre affaire en plus de l’accompagnement des pouvoirs publics qui reste, toutefois, insuffisant. Le porteur de projet doit faire des formations.
Quelles sont les limites en matière d’accompagnement des porteurs de projet ?
Les personnels des agences, comme l’Angem, sont appelés à accompagner, conseiller et orienter les jeunes porteurs de projets mais doivent aussi suivre des formations en rapport avec l’environnement de l’entreprise. Il faut qu’ils maîtrisent les lois, l’environnement juridique, les métiers de l’entreprise, comme la fonction de production, de commercialisation et le système d’information. Ces personnels ne doivent pas se contenter d’être une administration, mais doivent bénéficier de formation de formateur pour organiser des sessions au profit des jeunes entrepreneurs en matière d’orientation, de conseil. Ils doivent leur apprendre à rédiger une déclaration fiscale, sociale ou salariale. Il faut aussi qu’ils forment l’auto-entrepreneur dans le domaine des relations avec les tiers et qu’ils intègrent les notions liées à la communication de l’entreprise avec les administrations, l’Etat et l’environnement de manière générale.
F.-Z. H.