Karim Younès : «L’écriture est une continuité de la politique»

Il y a quelques semaines, Karim Younès était de passage à Constantine pour y présenter et dédicacer son dernier livre, en l’occurrence «Bejaïa, passé- présent».

Pressé de toutes parts par des lecteurs dont quelques-uns demandaient des explications sur des passages de certaines de ses publications, exercice auquel il s’est prêté avec simplicité, mais également sollicité par des personnalités qu’il a eu à rencontrer au cours de ses activités politiques, notamment des parlementaires, ou accompagner dans celles gouvernementales comme cela a été le cas avec le Pr Aberkane, ancien ministre de l’Enseignement supérieur puis de la Santé, avec lequel il a eu un long et chaleureux aparté.
S’agissant à juste titre de politique et même s’il n’en fait plus, l’invité de Média Plus considère que «l’écriture est une continuité de la politique. Par ailleurs, qu’est-ce que la politique si ce n’est des gris gris, des chamailleries, des postures», pour s’interroger sur le sort d’autres personnalités tombées dans l’anonymat «où sont finalement tous ceux qui nous ont précédés». Evoquant son rapport à l’écriture, il réfutera jusqu’à sursauter même à l’idée d’effet exutoire, estimant «qu’écrire, c’est la liberté, l’ouverture, ainsi quand j’écris je m’ouvre, j’échange, je ne m’enferme pas». Et notre interlocuteur de réitérer et d’insister «qu’écrire n’est pas l’enfermement, mais la liberté, j’y trouve de la sérénité, de l’épanouissement».
Dans la liberté d’écrire, l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale a tenu à rappeler et confirmer qu’il ne le fait pas pour solder des comptes mais beaucoup plus pour laisser un legs aux générations à venir, vis-à-vis desquelles il demeure comptable, notamment en ce qui concerne l’Histoire de l’Algérie, ajoutant, dans la foulée, que nul n’a le droit de garder par-devers sa personne ce qu’il sait. Allant encore plus loin, il s’intimera en son âme et conscience le devoir de rendre compte aux citoyens de ce «que nous avons ou nous n’avons pas fait autant en bien qu’en mal et à partir de là libérer nos consciences». Est-ce cette manière d’appréhender la réalité qui lui aurait valu de nombreuses fois de traverser des zones de turbulences pour ne pas dire être l’objet de tracasseries assez souvent surréalistes, là, sa réponse est à la limite philosophique.
«Aujourd’hui, j’ai été au cimetière pour me recueillir sur les tombes de Merdaci Abdelmajid et de son épouse, cela m’a donné la latitude de lire les inscriptions sur quelques pierres tombales et il se trouve que j’en ai dénombré les nom de personnes que j’ai connues et me suis alors dit que rien ne vaut mieux que de vivre dans la droiture et dans le respect des nobles valeurs».
Abdelhamid Lemili