Kouba : Il fait nuit, il fait beau

La nuit est fraîche et  claire, en ce jeudi, 22 avril, à Kouba, un des quartiers d’Alger. Les rues sont bruyantes et tout y brille. Les spacieuses terrasses des cafés, jardins et placettes publiques grouillent de monde.

Avant le mois de Ramadhan, à pareille heure, c’était le silence. Les magasins étaient  fermés, rues et ruelles étaient désertées et  trottoirs vides. Kouba est une sorte de «belle endormie». Depuis quelques jours, elle a changé. Magasins, salons  de thé, cafétérias, crêperies et boutiques de vêtements, meubles et d’électroménager sont ouverts dès 21H30. La grande placette, Mohamed-Laïchaoui jouxtant le siège de l’APC connaît une affluence record.

Dans ce lieu de rencontre pour les amis on discute  avec véhémence de  football et de l’équipe nationale, des aventures et mésaventures de la journée en passant par la politique et le conflit en Ukraine. Des voitures passent, repassent et klaxonnent très fort. Il fait plus jour que le jour et l’ambiance y est bon enfant. « La vie nocturne était jusque-là inimaginable, mais la  magie du mois sacré s’en mêle», confie un homme qui dit que «la vie nocturne nous manque. Une  jeune maman   accompagnée de ses enfants ne cache pas sa  satisfaction: «Incroyable!  Tout ce beau monde dehors à une heure tardive de la nuit! Je ne peux pas en croire mes yeux…», s’exclame-t-elle alors qu’il est presque minuit.

Des enfants jouent sur la grande esplanade   transformée en terrain de football indifférent aux   jeunes d’à côté qui  prennent du plaisir à  siroter un thé ou un café.   «Après la rupture du jeûne, je sors avec mon épouse et mes trois garçons pour profiter pleinement de ces soirées. C’est devenu un rituel, depuis maintenant quelques années. La décision est vite prise et nos sorties deviennent  spontanées pour ne pas dire instinctives», renchérit un autre père de famille apostrophé dans une boutique d’habillements. Son épouse ajoute en riant: «Après une longue journée de jeûne, sortir en ville est une bouffée d’oxygène. Nous sommes  le jeudi, il ne reste qu’une semaine pour le mois de Ramadhan… Profitons-en.»

«Des moments que nous vivons uniquement durant le mois sacré où chacun doit apprécier cette ambiance chaleureuse qui ne va pas durer», dit  le gérant du magasin.

Toutefois, si  vous comptez faire une virée shopping…,il va falloir être patient car les  magasins de vêtements sont pris d’assaut par les clients. Des voitures s’arrêtent à côté de ces derniers engendrant une circulation monstre. Les artères de la ville sont bondées. «Ça se comprend! L’approche de l’Aïd explique ce rush  sur  les magasins de vêtements, notamment pour enfants. Les échoppes sont richement achalandées. Il y’en a pour toutes les bourses. Le client a l’embarras du choix, il lui suffit juste de mettre la main à la poche.

Kouba est splendide même si la circulation automobile est infernale et qu’elle manque d’espaces pour stationner.

Hamiche Amokrane