La BDL lance sa finance islamique : Objectif, 5 à 8 milliards de dinars de collecte

La formule «El Badil» propose 9 produits certifiés par l’Autorité charaïque nationale de la fatwa pour l’industrie de la finance islamique et le comité de contrôle charaïque de la banque. Il s’agit de Ijarra Mountahia Bitamlik, Mourabaha véhicule, Mourabaha consommation, Mourabaha investissement pour les entreprises…

La Banque de développement local(BDL) se lance dans le financement islamique. Lors d’une cérémonie organisée ce lundi au siège de sa direction générale et en présence du président du Haut-Conseil islamique, Bouabdellah Ghlamallah, et du professeur en économie, Mohamed Boudjellal, spécialiste en finance islamique, le directeur général de la BDL, Youssef Lalmas, a annoncé l’opérationnalité de la finance alternative basée sur les préceptes de la Charia. La BDL a tracé comme objectif de collecter 5 à 8 milliards de dinars d’épargne d’ici à la fin de l’année, d’autant que la finance islamique vise essentiellement à renforcer l’inclusion financière et surtout capter l’argent qui circule en dehors du circuit officiel. Le DG a expliqué lors d’une présentation que la première étape réside dans le lancement des guichets au niveau de 9 agences, avant que l’opération ne soit étendue progressivement pour atteindre un total de 50 agences en fin d’année. Lalmas a fait savoir qu’«El Badil» propose 9 produits certifiés par l’Autorité charaïque nationale de la fatwa pour l’industrie de la finance islamique et le comité de contrôle charaïque de la banque. Il s’agit de Ijarra Mountahia Bitamlik, Mourabaha véhicule, Mourabaha consommation, Mourabaha investissement pour les entreprises, Mourabaha exploitation pour les entreprises, compte courant Islamique, compte chèque islamique, compte épargne islamique et enfin dépôt en compte d’investissement «Boudarabah». L’ouverture d’un premier compte islamique a été effectuée hier au niveau de l’agence de Staouéli, à Alger, où une fenêtre dédiée à la finance islamique est installée. «C’est une nouvelle étape importante à plusieurs égards, d’autant qu’elle répond aux aspirations des citoyens. Notre objectif est d’inculquer cette culture à travers tout le territoire national et de donner la possibilité aux opérateurs économiques et aux citoyens de bénéficier de ce nouveau mode de financement qui se réfère complètement aux préceptes de la Charia. Nous avons mis en place un système de comptabilité et d’information et un circuit financier indépendant, en vue de séparer l’argent de la finance islamique de celui de la finance traditionnelle.
La relance économique en perspective
La BDL s’inscrit, par cette action, dans la perspective de la relance économique, pour reprendre les propos de son DG, qui, profitant de l’occasion, a lancé un appel «aux intervenants économiques sur le marché et à ceux qui détiennent des fonds qui souhaitent investir pour se rapprocher de nos agences». «Notre réseau est implanté sur tout le territoire national. La BDL se positionne notamment par rapport à l’investissement qui apporte un plus pour la production nationale. Nous finançons d’autres domaines, tels que le tourisme, l’immobilier, la pharmacie et les PME. 60% de nos investissements qui totalisent pratiquement 250 milliards de dinars, en 2021, étaient destinés au secteur industriel de production.» Sur une question d’un journaliste par rapport à la réticence des banques à octroyer des crédits, notamment en cette période marquée par la crise sanitaire, Lalmas a indiqué que «des efforts sont consentis au quotidien en étroite collaboration avec les banques, mais en toute compétitivité. A la BDL, le comité de crédit ne se tient plus une fois mais deux à trois fois par semaine». Pour sa part, le Dr Moussa Smaïl, président du comité de contrôle charaïque de la BDL, a affirmé que les produits de la finance islamique sont passés au peigne fin et constituent une opportunité aux détenteurs de fonds. Ghlamallah a indiqué que la finance islamique a franchi des étapes importantes qui devront être consolidées. Boudjellal a fait observer, pour sa part, que des difficultés ont été constatées dans l’application. Evoquant le secteur de l’immobilier, il a souligné que certaines directions des impôts soumettent la banque à inscrire le bien foncier (immobilier) à son nom avant de le vendre au client. «La banque est soumise à des frais d’enregistrement alors qu’elle n’est qu’intermédiaire. Cette question sera transmise à la Direction générale des impôts et au ministère des Finances pour révision», a-t-il dit.
Wassila Ould Hamouda