La bonne affaire

Lors de sa réunion, mercredi dernier, le gouvernement a eu à examiner un projet de loi portant statut de l’auto-entrepreneur. Il est attendu des dispositions des futurs textes la régulation de nouvelles activités à la faveur de l’émergence de l’économie de la connaissance et de l’économie numérique, lesquelles, selon le constat fait par le gouvernement, imposent la nécessité d’élaborer divers statuts juridiques.

Pour le ministère de tutelle, en l’occurrence celui de l’Economie de la connaissance et des Start-up, les dispositions réglementaires prévues ont pour ambition de développer l’esprit entrepreneurial et surtout faciliter l’accès des jeunes au marché du travail par l’auto-emploi afin de contribuer à la réduction du nombre d’individus exerçant des activités informelles. Hiatus quand même dans la mesure, et cela est de notoriété publique, que jusque-là, les activités informelles que les pouvoirs publics tentent d’éradiquer, voire seulement de juguler, depuis près de trois décennies, sont et continuent d’être concentrées par le foisonnement d’étals de vente de fruits et légumes, de matériaux, outils et équipements hétéroclites, l’exercice d’activités de transport clandestin, travaux publics et bien d’autres tâches domestiques. Ces dernières échappent à toute forme d’identification sociale et fiscale, en plus de constituer une nuisance pour l’environnement et plus grave encore de décrédibiliser de manière générale tout ce qui est synonyme d’autorité. Réduire les charges des start-up, tel que le prévoit le projet de loi sus-évoqué, est la condition sine qua non à même de faciliter et surtout d’encourager la création de start-up. On ne peut tergiverser davantage compte tenu de l’irrémédiable processus de numérisation du monde du travail et surtout des affaires. Il y a lieu, toutefois, d’éviter les errements constatés près de deux décennies durant et dépasser le quasi patent échec de ce qu’ont été d’autres formes et formules visant la création d’emploi, l’insertion des jeunes notamment les diplômés qui sont les premières victimes du chômage dans notre pays.
La nécessité de statufier ce qui peut être et ça ne saurait l’être autrement un pan important de l’économie, à savoir celle numérique, constitue évidemment une mesure sinon un passage obligé pour une meilleure lisibilité du marché de l’emploi dans un proche avenir et surtout de l’utilité de ses potentiels animateurs. Il est certain que la numérisation de l’économie de manière générale ne peut que permettre l’établissement d’une relation directe avec un partenaire essentiel, en l’occurrence une société de consommation de plus en plus exigeante. De leur côté, les citoyens ne peuvent que tirer des avantages en termes de qualité de produits, de prestations en raison notamment du gain de temps, d’argent, d’amélioration des procédures administratives, dont la lenteur a été toujours le talon d’Achille de l’économie
nationale.
Abdelhamid Lemili