La commissaire européenne à l’énergie à Alger : «Pour un nouveau souffle au partenariat stratégique»

La commissaire européenne à l’énergie, Kadri Simson, effectuera en Algérie, à partir de ce lundi  une visite de travail de trois jours où elle prendra part à la 4e réunion annuelle de haut niveau du dialogue énergétique.
L’Algérie et l’Union européenne (UE) ont signé, en 2013,un mémorandum d’entente qui définit les orientations générales pour la poursuite du développement et l’approfondissement d’un partenariat stratégique. «Cette 4e réunion s’inscrit dans le cadre des mécanismes du dialogue instaurés par le partenariat stratégique entre l’Union européenne et l’Algérie dans le domaine de l’énergie», indique un communiqué du département de Mohamed Arkab. Il sera question de passer en revue les axes du partenariat qui concerne entre autres, le développement des investissements dans l’exploration et la production des hydrocarbures, les perspectives du développement de l’industrie gazière, le développement de l’hydrogène, de l’électricité…
 Parmi les principaux objectifs du partenariat stratégique dans le domaine des énergies renouvelables et de la transition énergétique figure la promotion des investissements et du partenariat dans le domaine industriel entre entreprises algériennes et européennes.
Au lendemain de la réunion, le second Forum d’affaires de l’énergie s’ouvrira avec la participation de tous les principaux acteurs du secteur, y compris les décideurs au niveau politique et institutionnel, les présidents et cadres supérieurs, les associations industrielles et patronales et les institutions financières des deux partenaires. Deux jours durant, le Forum permettra à la partie algérienne de présenter le potentiel du pays et les opportunités d’investissement aux entreprises européennes, le partenariat avec les entreprises nationales et les politiques nationales dans le secteur de l’énergie. Selon le communiqué des services de l’UE en Algérie, plusieurs thèmes d’actualité dont l’énergie renouvelable et l’efficacité énergétique seront au cœur de l’événement
Le gaz naturel en point de mire
La visite de la commissaire intervient dans un contexte marqué par une forte tension sur le marché énergétique, principalement gazier. Le gaz naturel est l’un des axes les plus importants du partenariat. Alger et Bruxelles œuvrent à intensifier la concertation pour servir les intérêts des deux parties. La première session du Forum est placée d’ailleurs sous le thème «Le gaz naturel pour le développement durable et la sécurité énergétique».
Du coup, le gaz qui fait l’objet de toutes les convoitises sera évoqué et il est même attendu que la commissaire exprime les attentes des pays européens, en mettant en exergue la volonté de l’UE de plafonner le prix du gaz qui arrive en Europe et imposer aux exportateurs un prix inférieur aux prix actuels.
A ce sujet, Sonatrach s’est déjà exprimée par un «niet catégorique». Son PDG, Toufik Hakkar, lors de la cérémonie de révision des prix des contrats avec le groupe espagnol Naturgie, a souligné que «les Etats européens sont ceux qui adoptent le plus les mécanismes de libre-échange et le plafonnement des prix ne relève pas de ces mécanismes. Le plafonnement n’est pas dans l’intérêt du marché pour les consommateurs, les producteurs, à moyen et à long terme avec l’absence de mécanismes clairs pour le marché».
Sollicité à ce sujet, l’expert Tawfik Hasni explique que cette mesure concerne les marchés spot alors que l’Algérie a des contrats de longue durée dont les prix sont généralement bien en dessous des prix conjoncturels du marché. «L’Algérie peut être concernée par la mesure si l’Europe vient nous demander du gaz et que nous acceptons d’en livrer sur un marché spot», ajoute-t-il. Selon lui, la partie européenne «sait très bien que nous n’avons pas aujourd’hui de gaz à vendre et que nous avons livré suffisamment auparavant. Les Européens espèrent récupérer du gaz à travers des produits d’hydrogène. Il est vrai que comme solution alternative au gaz est l’hydrogène, sauf que ce dernier n’est pas un marché suffisant pour amener des investisseurs.
Wassila Ould Hamouda