La délinquance explose :  Foyer d’agressions caractérisées 

Nul n’est à l’abri. Qu’on marche tranquillement dans la rue ou qu’on dort profondément chez soi. A tout moment, on peut se faire voler son portable, son portefeuille, voire sa voiture. Les théâtres de ces agressions sont aussi divers que leurs formes. Dans le train, au milieu de la cohue des gares routières, on peut être victimes d’un vol à l’arraché, d’un pickpocket. On se perd en conjectures sur les raisons de la recrudescence de la délinquance observée depuis quelques semaines. S’agit-il d’une conséquence du chômage qui touche de nombreux jeunes?  Les délinquants qui sortent de prison retrouvent-ils aussitôt leurs mauvaises habitudes? Pour beaucoup, il y a une relation directe avec la consommation de drogues et le délitement des liens sociaux. Dans les pages qui suivent, témoignages, reportages et avis d’experts décrivent le phénomène et tentent de cerner ses causes.

Il ne se passe pratiquement pas un jour sans que, dans une  rue, grande ou malfamée, ne retentisse le cri de personnes, de tout âge et tout sexe, victimes de violence, qu’elle soit verbale ou physique. Etre bousculé par une petite bande d’adolescents est devenu ordinaire. En parlant au téléphone, tout à coup, on se fait arracher son portable et des fois sa chaîne en or. Des maisons ou des boutiques sont visitées. Visiblement, depuis quelques semaines, le nombre et la fréquence de ces délits ont augmenté.
Les auteurs de ces agressions sont en majorité de jeunes gens. Téléphones portables, argent liquide, sacs et portefeuilles sont les objets les plus fréquemment volés. On peut se réveiller aussi sans retrouver sa voiture ou son camion garé au bas de l’immeuble. Dans les trains, les gares routières, il faut toujours rester sur ses gardes. Selon un bilan des activités des services de la police judiciaire repris par l’APS, en 2020, le nombre des affaires enregistrées en matière de criminalité est de258.171,dans lesquelles 246.200 personnes sont impliquées. Les indicateurs principaux des crimes enregistrés en 2020 par rapport à 2019 «montrent une nette hausse de la criminalité sous toutes ses formes», précise-t-on. Des voix s’élèvent pour dénoncer cette hausse de la délinquance qui voit des individus sans foi ni loi semer la terreur dans des ruelles et les quartiers. Des cités sont infestées de voyous. Des quartiers, le temps d’une nuit, deviennent le far west, théâtres de règlements de comptes parfois meurtriers entre gangs.
L’Etat n’est pas resté spectateur
Régulièrement, des opérations coups de poing sont menées par les services de sécurité en plus d’actions de prévention en direction des jeunes auxquels on explique les dangers de la drogue. La législation prévoit des peines à l’encontre des éléments de ces bandes allant de 2 à 20 ans et pouvant même atteindre la perpétuité en cas de décès. Le corps médical est l’un de ceux qui souffrent beaucoup du climat d’insécurité qui règne à l’intérieur même des enceintes hospitalières. Les professionnels de la santé sont souvent victimes d’insultes, menaces mais aussi d’agressions verbales et physiques. Là encore, les autorités ont décidé de punir sévèrement les auteurs. Une loi a été adoptée qui impose de lourdes sanctions pénales contre les agressions verbales et physiques et assure une meilleure protection des professionnels de la santé. Tout auteur d’une agression risque jusqu’à dix ans de prison ferme. Aux alentours ou à l’intérieur des établissements scolaires, une ambiance de violence y règne. Des conflits éclatent souvent entre élèves, enseignants, membres de l’administration et parents d’élèves.
Des instituteurs ou institutrices sont avertis suite à des blessures ou punitions  infligés aux élèves. Insultes, agressions physiques, vols sont monnaie courante avec pour conséquence l’exacerbation de la défiance à l’égard d’autrui.
Amokrane Hamiche