La dévotion, ce n’est pas qu’au Ramadhan

D’après l’imam de la mosquée El Houda, Ali Chaïb, il y a deux catégories de prieurs durant le mois de Ramadhan. Il y a les vrais croyants, qui ne changent pas leurs habitudes, en matière de prière, de dhikr et de lecture de Coran, et les faux croyants qui ne s’adonnent aux actions de dévotion qu’au mois de Ramadhan.

«Cette catégorie est baptisée el ramadaniyoune, car une fois le mois de jeûne écoulé, ils ne vont plus à la mosquée et ne font même plus la prière. Quant à l’autre catégorie, «el rabaniyounes», ce sont des croyants constants», explique-t-il. Dans ce verset de sourat Al-Araf, poursuit-il, Dieu dit : «Nous avons destiné beaucoup de djinns et d’hommes pour l’enfer. Ils ont des cœurs, mais ne comprennent pas. Ils ont des yeux, mais ne voient pas. Ils ont des oreilles, mais n’entendent pas. Ceux-là sont comme les bestiaux, même plus égarés encore. Tels sont les insouciants.» Les insouciants, indique-t-il, ce sont justement ces personnes qui s’éloignent en tout temps de Dieu et préfèrent courir après ce bas monde. «Ces derniers sont les perdants. Certains de la catégorie des ramadaniyoune abandonnent même la prière au cours des dix derniers jours, préférant passer leurs soirées ailleurs. Parmi cette catégorie, figurent aussi ceux qui profitent du mois de jeûne pour augmenter leurs chiffres d’affaires.
Pour eux, Ramadhan est celui du gain facile, et en profitent donc pour voler leurs prochains en augmentant les prix notamment de différentes marchandises, très demandées en cette période», déplore-t-il avant d’évoquer ce verset ou Allah dit : «Laisse ceux qui prennent leur religion pour jeu et amusement, et qui sont séduits par la vie sur terre. Et rappelle par ceci (le Coran) pour qu’une âme ne s’expose pas à sa perte selon ce qu’elle aura acquis, elle n’aura en dehors d’Allah, ni allié ni intercesseur. Et quelle que soit la compensation qu’elle offrirait, elle ne sera pas acceptée d’elle. Ceux-là se sont abandonnés à leur perdition à cause de ce qu’ils ont acquis. Leur breuvage sera l’eau bouillante et ils auront un châtiment douloureux, pour avoir mécru».
C’est pour dire, explique-t-il, que cette catégorie de personnes fait plus de mal à elle-même. «Ces personnes doivent reprendre leurs esprits et saisir le mois de jeûne comme opportunité pour renforcer leur foi et ne pas le faire non d’une façon occasionnelle», conclut-il.
Farida Belkhiri