La dure épreuve des addictions

La toile pullule de vidéos et postes en ces jours de jeûne, qui traitent de la meilleure manière de garder sa forme physique et éviter les risques de maladies ou de leur aggravation. Toutefois, la santé mentale est aussi mise à dure épreuve durant le mois sacré, notamment à cause des addictions.

La consommation de la caféine, de la nicotine, le long de l’année s’interrompe la journée à cause du jeûne. Les accros à ces substances sont confrontés à un manque qu’ils ont du mal à surmonter. Pour accompagner cette catégorie de jeûneurs, des psychiatres et psychologues postent des vidéos sur les réseaux sociaux où ils se penchent sur la question et prodiguent des conseils pour passer un Ramadhan serein et calme. Ces jeûneurs ont les nerfs à fleur de peau et leur santé mentale en prend un coup. Leur sensibilité nerveuse est extrême et réagissent à la moindre sollicitation. Dans des vidéos partagées par  le Dr Lazoughli, professeure en psychiatrie, il est question d’exploiter le jeûne pour arrêter de fumer et de boire moins de café. «La volonté de la personne dépendante est sollicitée tout le temps que dure le mois sacré. Ce qui est épuisant pour le mental,  surtout que en parallèle, d’autres soucis demandent à être réglés. Le cas le plus difficile reste l’addiction au tabac, une dépendance dure à gérer. Elle est aussi la plus visible socialement. Arrêter de fumer du jour au lendemain n’est pas évident quand on avale deux paquets de cigarettes par jour», a-t-elle soutenu.
Selon elle, des addictions plus dangereuses et nocives à la santé mentale existent aussi. «Celles-ci sont du domaine privé et les accros ne le font pas savoir mais ils en souffrent», a-t-elle relevé. Il est également question sur la toile de partage l’expérience entre les accros au café, à l’alcool. D’ailleurs, un internaute ironise en disant que «je bois du café du ftour au shor pour compenser la journée sans».
Par ailleurs, le sujet n’échappe pas aux imams et prédicateurs qui se basent sur des versets coraniques ou les hadith et sunna pour que ces jeûneurs s’appuient sur leur foi en Allah et profiter du mois sacré pour arrêter ces «drogues» nocives à la santé mentale, physique et dépenser leur argent dans ce qui est bon pour eux et leurs familles. Dans ce sens, des postes sont suivis et relayés par des centaines d’internautes pour mettre l’accent sur l’aspect spirituel du mois sacré et saisir l’occasion pour se purifier l’esprit et le corps.
Karima Dehiles