La générale de «Bousticha» présentée au TNA : Comédie noire sur fond de crises sociales

A l’occasion de la célébration du 59e anniversaire de sa création, le 8 janvier 1963,  le Théâtre national algérien Mehieddine-Bachtarzi (TNA), a présenté samedi, en présence de la ministre de la Culture et des Arts  Wafaa Chaâlal, et autres membres du gouvernement, la générale du tout nouveau spectacle, «Bousticha», du metteur en scène Ahmed Rezzag, produite par le TNA en collaboration avec l’Office national de la culture et de l’information.

Plus de 150 acteurs, danseurs et autres praticiens du 4e art,  se sont relayés, durant 1h20 minutes, sur les planches de la salle Mustapha-Kateb pour offrir au public, venu nombreux, un spectacle d’un genre inhabituel. Dans un quartier, où se retrouvent des habitants venus de divers horizons, le seul et unique  lampadaire, qui éclaire la place publique, est accidentellement cassé par des joueurs de dominos. Un incident banal, mais qui sert de motif pour que remontent toutes les animosités et autres  hostilités qui couvent au sein de cette mini-société, sur fond de crise diverses, de pénurie d’eau, de chômage, de délinquance, de régionalisme. Dans plusieurs tableaux, Ahmed Rezzag dépeint une société minées par toutes les insuffisances et où tout un chacun accuse l’autre de ses malheurs. Dans cette comédie noire le metteur en scène s’est arrangé à traiter parfois sous forme d’allusions, les plus banales des mésaventures que vit le citoyen au quotidien.
L’œuvre, est un méga-spectacle qui réunit jeu d’acteurs, danse chorégraphique, projection numérique, chant, pour traiter des maux de la société moderne et mettre en avant des problèmes récurrents qui poussent parfois le citoyen jusqu’à la révolte. Pour réaliser son  show, Rezzag fait appel à un panel de comédiens et artistes de renom ou amateur, tel que Mustapha Ayad, Hamid Achouri, Kamel Bouakkaz, Fadhila Hachmaoui, Samira Sahraoui, Linda Sellam, El Hani Mahfoud, Chaker Boulemdais, Mina Lechtar, Samia Guerouabi, Loubna Noui, M’Barek Menad, Hadjla Kheladi, Adila Soualem, Lotfi Bensbaa et d’autres et s’est appuyé sur le travail de chorégraphes comme Slimane Habès, Nouara Idami et Khadidja Guemiri, pour diriger une armada de danseurs et danseuses. Côté décors, le spectacle ne s’est nullement encombré d’accessoires, mais s’est enjolivé par des projections  représentant les différents cadres où se déroulent les scènes.
Un hommage est rendu à la fin du spectacle aux jeunes algériens disparus en mer lors de leurs infortunées traversées en quêtes d’un avenir et d’une vie meilleurs.  Un hommage est également rendu à l’artiste Yacine Zaïdi, décédé le mois de décembre dernier.
La ministre de la Culture et des Arts a vivement applaudi le travail, saluant l’engagement des comédiens et autres artistes qui se sont engagés bénévolement dans cette aventure, dont les recettes des trois premiers jours seront reversées au profit de l’Association Al Amel d’aide aux enfants cancéreux. Mme la ministre a également appelé à plus d’engagement dans l’action culturelle.
Hakim Metref