La gifle

La magistrale gifle de Lino Ventura à sa fille,  Isabelle Adjani, dans «La Gifle» de Claude Pinoteau, est devenue une scène culte du cinéma français. Ah ce père qui ne sait plus comment éduquer seul sa fille après son divorce. C’est une des scènes de la vie conjugale comme dirait un des montres sacrés du cinéma, Ingmar Bergman, le Suédois.

Si nous ne connaissons aucune gifle mémorable dans le cinéma algérien, hormis celles des tortionnaires de l’armée française dans nos films consacrés à la guerre de Libération, le feuilleton «Yemma» s’est distingué, dimanche et lundi derniers,  par une gifle qui entrera dans les annales du petit écran. Numidia, déçue par le comportement odieux de son père Khaled, veut le rencontrer et s’expliquer avec lui, mais au moment de sortir de chez elle, enfin de chez son mari, c’est selon, sa belle-mère s’est opposée énergiquement en lui  barrant la porte  de la sortie. Décidée,  Numidia s’en prend  à Khaled, son mari, qu’elle soupçonne d’agissements pour le moins bizarres mais sa belle-mère lui interdit de critiquer son fils chéri. Sa main se lève et une gifle atteint la joue de la pauvre Numidia. C’est d’une violence telle qu’on aurait dit qu’en dehors de cette fiction, le courant ne passe pas entre les deux comédiennes. La belle-sœur prend la défense de la victime et reproche à sa maman cette incroyable violence. Les répercussions s’en suivent. Numidia quitte le domicile conjugal sans laisser d’adresse. La mère est venue défendre l’honneur de sa fille. Le meilleur ou le pire est à venir, c’est selon.
Dans l’après-midi, la rumeur  a fait circuler l’information selon laquelle, une série algéro-tunisienne que diffuse «Ennahar» est interdite et que «Babor Louh» d’El Chourouk  est désormais «Babor ghraq».
Finalement, la première  est effectivement suspendue pour, dit-on, des scènes osées, jugées inconcevables pendant le mois de Ramadhan, comme si les autres mois, c’était permis, comme le mardi de l’autre côté de la Méditerranée.
La gifle du coup, ce n’est pas grave, la violence aussi, surtout entre femmes. C’est un autre territoire. Bahia Rachedi n’est pas présente dans les feuilletons télé de cette année, mais son passage  sur une chaîne privée a déchaîné les langues.
C’est le «bourek buzz» sur les réseaux sociaux. La comédienne aurait dit qu’il était honteux de servir un bourek congelé durant le mois de Ramadhan et elle a trouvé  tout aussi indigne qu’une femme ne prépare pas chez elle du pain traditionnel pour la circonstance. Elle s’est attaquée aux femmes. Elle les a giflées verbalement. Du coup, d’autres femmes se sont défendues et l’on giflée avec des mots peu amènes. Aucun homme n’est venu au secours de l’un des deux camps.
Abdelkrim Tazaroute