La levée des entraves

Dès le matin, nous découvrons surpris que les séries et autres feuilletons sont déjà là, sur toutes les chaînes que notre zappette actionne. C’est bon de commencer la journée avec des histoires d’amour, sans les petits bisous, bien sûr, mais avec leurs lots de problèmes dont ceux des hommes qui mènent une double vie.

Heureusement que l’information est aussi présente. Nous apprenons que, pour la première fois depuis l’avènement du coronavirus, l’Algérie n’a enregistré aucun cas de contamination ni de décès. Une victoire à saluer. Nous apprenons aussi avec une agréable surprise que la levée des entraves administratives à Bordj Bou Arréridj et à Mascara a redonné le sourire aux jeunes qui ont pu avoir un emploi dans de nouvelles usines et entreprises.
Bizarrement, il n’y a pas eu d’informations culturelles et sportives. Dommage! Il faut peut-être attendre la levée des entraves administratives. Les appels à la prière pour Alger et ses environs entrecoupent les programmes. Pour le reste du pays, les fidèles doivent prêter oreille à la mosquée du coin.
A propos des séries et des feuilletons de la journée, il faut juste préciser que ce sont des rediffusions pour celles qui en soirées ratent des séquences en allant préparer le thé et le café servi avec un kalbelouz qu’il faut absolument interdire aux diabétiques.
Ce sont donc des séances de rattrapage pour mieux comprendre des intrigues de plus en plus insaisissables. En après-midi, il est impossible d’échapper aux éternelles émissions culinaires et aux publicités qui les accompagne. Des plats, des mets, des gâteaux en veux-tu en voilà, il faut juste bien suivre les indications et mettre la main à la poche pour rendre heureux le mari, les enfants et les vieux ,mais bonjour les kilos et les visites inopinées aux urgences.
Une capsule intitulée «Nasszman» c’est ainsi que nous appelons un programme très court qui nous propose au quotidien un proverbe à expliquer dans un décor  arabo-musulman, féérique.
Etrange monde que celui de la série «Makious et Dakious». Pas une voix féminine même pas en off et pas de personnage de femme du tout. C’est une série, masculin pluriel. L’Arav devrait féliciter son réalisateur et pour cause, cette institution peut dormir sur deux oreilles. Sans femmes, pas de problèmes possible, ni de séquences qui prêteraient  à confusion.
Le feuilleton «Yemma» ne pose pas de problèmes de scènes osées, mais Dieu que le monde où évoluent ses personnages, respire les affaires, la trahison, la malhonnêteté et les crimes.
L’Arav ce n’est pas les «affirates ta3 srikat» comme dirait l’inspecteur Tahar, mais uniquement les affaires «des dépassements attentatoires à la sacralité du mois de Ramadhan».
Abdelkrim Tazaroute