La liste s’allonge

C’est un thème qui fait l’actualité. La violence à l’égard des femmes est devenue un véritable fléau social et les féminicides sont le résultat extrême de ladite violence. Ce terme désigne le meurtre d’une femme. En Algérie, entre 2019 et 2022, 219 assassinats de femmes ont été enregistrés par les services de sécurité. Ce phénomène a suscité un intérêt particulier chez les chercheurs qui ont tenté de l’expliquer et de le comprendre. Il faut dire que la situation en Algérie n’est pas différente des autres pays. Même si l’on parle d’une société modernisée, il y a toujours cette idée de la soumission de la femme. Selon la page Féminicide Algérie, lancée en 2019, 37 cas ont été enregistrés durant les onze mois de l’année en cours. Le dernier cas remonte au vendredi 18 novembre dans la commune de Messerghine (Oran). Il s’agit de Mme Nadia Maârouf, une mère de 64 ans, assassinée par son fils par plusieurs coups de couteau. Le décompte a été lancé par deux militantes féministes algériennes, Narimène Mouaci et Wiame Awres. L’ouverture de cette page web est motivée par l’augmentation du nombre de femmes tuées. Wiame Awres, cofondatrice du site, regrette que les féminicides ne soient pas assez médiatisés en Algérie. D’ailleurs, le mot féminicide n’est pas encore introduit dans les textes de loi, contrairement à plusieurs pays. L’urgence est là. Il est temps que le législateur algérien passe à l’action et introduise ce mode de criminalisation. Cela permettrait d’être plus clair dans la catégorisation des meurtres qui se produisent en Algérie. Tout le monde s’accorde sur la dérive de la société, en permettant à ces personnes de libérer leur violence à l’égard les femmes. Le féminicide pour cette militante ne doit plus être considéré comme un fait divers, mais comme un véritable fléau social et tenter d’expliquer les origines et de le combattre. «Les autorités doivent se pencher sérieusement sur ce phénomène en mobilisant les moyens afin d’avoir des chiffres exacts», a-elle dit. Selon elle, les textes de loi et loi sociale renforcent et perpétuent ces violences à l’égard des femmes qui finissent par des meurtres.

S. B.