La moudjahida Leila Belakehal : « Je portais la fièvre de la liberté »

Pour la moudjahida Leila Belakehal, une des trois étudiantes au lycée Laveran (actuellement El Houria) qui ont répondu à l’appel de l’UGEMA, la décision de quitter les bancs de l’école n’a sûrement pas été facile, mais il fallait faire un choix.

« J’ai intégré le lycée Laveran après un parcours très éprouvant et les Algériennes dans cet établissement d’enseignement moyen et secondaire se comptait sur les doigts de la main. Mon père tenait à ce que ces 8 filles aillent à l’école et mon rêve était de devenir pharmacienne, mais je portais la fièvre de la liberté tout comme les milliers d’étudiants qui ont répondu à l’appel, et mes parents ne se sont pas opposés à ma décision », a-t-elle confié. Leila Belakehal, sœur du martyre Nafissa Belakehal (1936-1962) et fille de Laâroussi, ami et fidèle du Cheikh Abdelhamid Benbadis, relève également « le degré très élevé de la conscience politique des jeunes lettrés qui ont accepté le sacrifice suprême et se sont mis au service de la cause nationale ».

Après avoir quitté le lycée, âgée alors de 17 ans, Leila a activé comme fidaïya, chargée de remettre des courriers, des armes et des médicaments. « J’œuvrais à accomplir mes missions, à me protéger et à protéger le groupe avec qui je travaillais, ce n’était pas facile mais je puisais mon courage de ma soif de liberté, de la misère et de l’injustice auxquelles faisaient face les Algériens », a-t-elle dit. Arrêtée en 1957, avec sa sœur Nafissa et son père, Leila Belakehal confie avoir subi pendant un mois, les pires des tortures, au centre de la torture la ferme Ameziane.  » A la ferme Ameziane, un des plus terribles centres de torture, nous étions soumis aux pires atrocités, j’étends encore les hurlements des hommes et des femmes que les soldats français prenaient un malin plaisir à torturer », se souvient-t-elle la voix étranglée.