La pièce «Basta» présentée au TNA : Le bien et le mal dans la tragicomédie

L’ÊTRE HUMAIN EST TOUJOURS PRIS EN OTAGE ENTRE LE BIEN ET LE MAL. Il y a ceux qui réussissent à répandre le bien et il y a ceux qui se nourrissent du mal. Dans les deux cas, c’est une lutte qui existe depuis la nuit des temps, la vie est ainsi faite.

Le bien et le mal sont des sujets assez sensibles, difficiles à comprendre. Parfois, cela prend une dimension philosophique et par parfois psychologique. Dans tout ce tourment, il est peut être mieux de voir le combat entre le bien et le mal sur une planche théâtrale. Le concept est autre, plus amusant, plus émouvant, mais ce qui est certain, il en ressort toujours avec un message, une leçon de vie. Comme c’est le cas de «Basta», qui était de retour les 16 et 17 du mois au cours au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA). Dans la soirée de jeudi dernier, la pièce a été rejouée devant un public venu nombreux. Ecrite et mise en scène par Brahim Chergui, «Basta» est une pièce de théâtre qui a du caractère, avec des mouvements artistiques engagés.
Les sujets qu’elle traite intéressent le public. C’est un peu son vécu, ce qu’il voit, ce qu’il ressent. Brahim Chergui a fait le bon choix en évoquant dans sa pièce les questions comme l’exil, l’héroïsme, l’injustice et autres. Des thèmes aux messages poignants, mais transmis de façon drôle, comme le stipule le registre de la tragicomédie. Huit comédiens ont joué le jeu, ils ont assuré et ont permis à l’assistance de se retrouver à travers les idées, les projets, la façon de voir les choses. Tant de choses en commun, dans un contexte où le bien et le mal mènent une véritable bataille.
Fouad Zahed, Brahim Djabalah, Faiza Amel Elkaiser, Amina Bouziane Belhadj, Rabia Saheb et Brahim Chergui sont ces personnages qui habitent une ville. Mais le hic, cette «cité» n’a pas de leader. Ils sont à la recherche d’un héros, d’un meneur, un vrai, et sur lequel ils peuvent compter. Il doit surtout correspondre à leurs critères, à savoir courageux, bienveillant, et qui pourrait réellement faire bouger les choses. Il ne doit pas avoir peur, il doit affronter et imposer les revendications des habitants, porter et répandre leurs malaises et faire de leur ville un havre de paix où chacun trouve son compte. Les comédiens ont exposé des sujets du moment et ont soulevé des questions existentielles, mettant sur scène les maux dont souffre la société en particulier et l’humanité en général. Brahim Chergui a travaillé dur pour monter son spectacle. C’est le fruit de recherches approfondies ayant duré quatre ans.
Il a touché à la sémiologie et la sémiotique visuelle avant d’entamer l’écriture littéraire puis dramatique du texte de cette pièce. C’est pourquoi «Basta» est plus qu’une pièce de théâtre, c’est une comédie satirique sur la bataille entre le bien et le mal.
 Rym Harhoura