La prière des tarawih : Se rapprocher les uns des autres

Au-delà de son caractère religieux, la prière des tarawih est également une occasion pour renforcer les liens humains et nouer de nouvelles connaissances.

C’est avec soulagement que les croyants ont renoué, cette année, avec la prière des tarawih. Cela, sans subir, en plus, les restrictions du protocole sanitaire. La crise sanitaire, rappelle-t-on, les a privés de ce rituel religieux durant près de deux ans. Le Covid-19 les a privés également de nouvelles rencontres, de se rapprocher les uns des autres. Car c’est le but de la prière dans la mosquée, d’après l’imam Abdelkader Sinati. Ce dernier assure que la mosquée, ce n’est pas seulement pour prier, pour évoquer Dieu et lire le Coran, mais aussi pour nouer de nouveaux liens amicaux et entretenir des rapports cordiaux avec son prochain. Il ira même jusqu’à dire que les rapports humains, fondés sur l’amour, l’amitié et la fraternité, sont le fondement de l’islam et le moyen le plus sûr de se rapprocher davantage de Dieu. Après deux ans donc, les croyants sont heureux des retrouvailles non seulement avec la mosquée, avec la prière des tarawih, mais aussi avec leurs amis, voisins, habitants du quartier. Après le Ftour, avant même l’appel de la prière d’el Ichaa, les croyants se dirigent vers la mosquée, en petits groupes, profitant de ces instants pour échanger amicalement. On entend quelques-uns évoquer la cherté de la vie tout en priant pour que le pouvoir d’achat s’améliore. D’autres s’enquièrent de la santé de leurs connaissances respectives ou de leurs amis qu’ils n’ont pas vus depuis deux ans. À la mosquée, en attendant l’heure de la prière, les prieurs discutent entre eux à voix basse. «Comme la prière des tarawih est longue, et à force de se voir tous les soirs durant un mois, faire de nouvelles connaissances en est un aboutissement naturel. Quand on s’assoit l’un à côté de l’autre tous les soirs, on devient amis pour peu que l’on le veuille», indique l’imam Sinati.
Du côté des femmes également, les nouvelles connaissances sont légion. Plus communicatives que les hommes, elles ont tendance à nouer facilement de nouvelles amitiés. Certaines réservent même la place à leurs nouvelles amies, à côté d’elle, pour faire la prière ensemble, mais aussi pour papoter amicalement, échanger des recettes de cuisine…. «Fréquenter la mosquée tous les jours et tous les soirs favorise aussi les réconciliations entre amis et entre voisins, surtout que le mois de Ramadhan est celui du pardon et de la compassion. Faire de nouvelles connaissances dans les mosquées est une Sunna, que nous avons perdue, et que nous devons restaurer», soutient l’imam, appelant à profiter de l’accalmie sanitaire pour renouer avec cette Sunna. À propos de cette accalmie, les croyants sont plus que soulagés de ne plus être soumis au protocole sanitaire. «Porter la bavette même juste le temps d’une prière était très éprouvant. La distanciation, également, était difficile pour nous, nous qui étions pratiquement collés les uns aux autres. Maintenant que ces restrictions sont levées, c’est comme le paradis après l’enfer», confient-ils.
Farida Belkhiri