La proposition de la FADS pour faire face à la baisse des dons de sang

Le président de la Fédération algérienne des donneurs de sang (FADS) et vice-président de la Fédération maghrébine,  Kaddour Gharbi, a relevé la nécessité d’inculquer aux générations futures la culture de don de sang.

«Il faut penser dès maintenant à remplacer les donneurs actuels et aller vers le développement de la culture de don régulier», a-t-il souligné, ce mardi, à l’occasion de la célébration de la Journée magrébine de don de sang fêtée le 30 mars de chaque année. Selon lui, le ministère de l’Education nationale doit s’impliquer dans cette démarche en introduisant des modules sur l’importance de ce geste. Il a estimé qu’il ne faut pas attendre la célébration des journées officielles pour se rapprocher des centres de transfusion sanguine pour sauver les vies des malades. Gharbi a rappelé qu’à l’approche de l’été, la demande en sang augmente notamment avec la hausse du nombre d’accidents de la circulation et les grossesses à risque. «C’est un appel urgent», a-t-il insisté.  Et pour cause, la FADS  a constaté une baisse du nombre de poches collectées depuis le début de la pandémie de la Covid-19. «Les donneurs ont peur de se rapprocher des centres de transfusion sanguine (CTS) par crainte d’être contaminés», a-t-il précisé.  Une occasion pour le responsable de lancer une autre fois son appel au ministère de la Santé afin de déplacer les centres de transfusion en dehors des hôpitaux, comme cela se fait dans les autres pays. «Les donneurs n’auront plus à craindre d’être contaminés par le Coronavirus ou toute autre maladie», juge-t-il. De son côté, l’Agence nationale du sang a indiqué que la collecte de sang a baissé de 13% en 2020 par rapport à 2019, soit près de 569.000 poches collectées à travers les 240 structures de transfusion sanguine. Cette régression, selon la même source, est causée par la crise sanitaire. Aussi, la FADS a relancé la campagne nationale de collecte, histoire d’alimenter en permanence la banque de sang. Gharbi a également relevé la nécessité de revoir les horaires d’ouverture des cellules de prélèvement pour que les donneurs puissent offrir leur sang à n’importe quelle heure. «Les CTS doivent travailler H24 au lieu d’ouvrir à 9 heures et fermer à 16 heures», a-t-il souligné, tout en regrettant les mauvaises conditions d’accueil au niveau de ces centres. «Si un donneur ne trouve pas par exemple une place dans le parking de l’hôpital, il va renoncer à donner son sang», a-t-il dit.  De ce fait, il a estimé que pour arriver à une culture de donneurs permanents, il faut revoir la stratégie de communication et de sensibilisation.  «Dans nos structures, le donneur est reçu comme un malade ou un citoyen ordinaire, alors qu’il se déplace pour donner ce qu’il a de plus cher. La moindre des choses, c’est de l’accueillir avec un sourire avec une bonne collation à la fin», a-t-il ajouté. Le responsable a enfin réitéré son appel aux pourvoir publics de doter sa fédération des moyens matériels pour organier des campagnes de sensibilisation et de collecte tout au long de l’année en confectionnant des affiches et dépliants et récompenser les donneurs permanents.
Samira Belabed